Livre numérique : « Reliefs et environnements des Hauts de Chartreuse, une indissociable évolution »

Sur les Hauts de Chartreuse, les paysages, les habitats naturels pour la faune comme pour la flore sont intimement liés à un cadre physique original. Il participe grandement à l’esprit des lieux et à la décision de classer cet espace en Réserve Naturelle.

La vocation des paysages et des reliefs des Hauts de Chartreuse à fasciner ceux qui fréquentent ces lieux ne s’est jamais démentie. D’innombrables questions sont posées aux agents de la réserve naturelle, ramenant souvent à l’identité physique singulière de ce territoire (relief cloisonné et perché, relief karstique, hautes parois calcaires, chemin de l’eau, microreliefs étonnants, glaces souterraines, …). Par ailleurs, les précieux géopatrimoines des Hauts de Chartreuse peuvent subir, de différentes manières, des menaces à leur bonne conservation (vandalisme paléontologique, graffitis, équipements ou aménagements…).

S’agissant de thématiques incontournables pour l’interprétation du site mais relativement complexes, il est apparu utile de concevoir des supports explicatifs. L’objectif didactique est d’insister sur l’importance de préserver tous les éléments constitutifs du « géosystème », l’interdépendance du cadre physique avec le monde vivant, les valeurs intrinsèques des géopatrimoines, leur aspect dynamique comme leur valeur d’archives environnementales. Pour ce faire, il n’était cependant pas question d’installer du mobilier sur site susceptible d’impacter les lieux.

Une série de 23 illustrations inédites, spécifiques au site, a été produite. Ces illustrations sont destinées à être déclinées, à terme, sur différents supports mobiles ou dématérialisés (sets de table, nappes de pique-nique, … ). L’objectif est qu’elles soient appropriées par tout un chacun qui souhaiterait découvrir, animer, expliquer, interpréter in ou ex situ ces riches thématiques (notamment accompagnateurs en montagne, guides spéléo, animateurs de groupes, …). Dans un premier temps, elles ont été regroupées dans un livre numérique proposant un récit explicatif à deux niveaux de lecture, par chapitres thématiques fonctionnant indépendamment. Des liens dans le texte amènent vers un abécédaire illustré traitant le vocabulaire spécifique et quelques notions de géomorphologie. 

S’agissant d’un premier effort de vulgarisation, ce livre numérique n’a pas vocation à couvrir l’ensemble des richesses des Hauts de Chartreuse. Il constitue une première étape, un socle destiné à être enrichi au fil du temps pour approfondir la compréhension de ces paysages uniques et partager toujours plus de connaissances sur ce patrimoine remarquable.

Un itinéraire de randonnée désormais sous Convention au Vallon de Marcieu et l’Aulp du Seuil

Communiqué de Presse Le 17 juillet 2024 de la Préfecture, Département de l’Isère et du Parc naturel régional de Chartreuse

Concilier à la fois la pratique de la randonnée, le respect de la biodiversité et le respect de la propriété privée, tel est l’objectif de la Convention de passage signée le 9 juillet dernier par le Président du Département Jean-Pierre Barbier et le propriétaire de la partie centrale de la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse (Vallon de Marcieu et Aulp du Seuil), Bruno de Quinsonas-Oudinot.

Établie au titre du Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée (PDIPR), cette convention permet de fixer les conditions d’ouverture du sentier de randonnée traversant les parcelles concernées.

Une convention, des droits et des devoirs

Cette convention autorise désormais la circulation des randonneurs sur l’itinéraire tracé au sein des parcelles privées, et uniquement sur cet itinéraire, afin de préserver l’environnement et la propriété privée. Cette circulation sera exclusivement pédestre à titre sportif ou de loisirs. En sont exclus tous engins et véhicules à deux ou plusieurs roues qu’ils soient motorisés ou non, ainsi que toute pratique équestre et manifestation en nombre, à but lucratif ou non, sauf autorisation donnée par le propriétaire. L’accès motorisé est réservé au seul propriétaire, locataires ayants-droits et aux équipes habilitées en charge de l’entretien.

Cette convention précise la prise en charge des opérations d’entretien et pose les responsabilités liées à la labellisation des sentiers PDIPR. Le Parc Naturel Régional (PNR) de Chartreuse, mandaté par le Département pour gérer la labellisation des itinéraires, a mis en place le balisage directionnel adapté, et est en train d’apposer la signalétique pédagogique le long du sentier. Cette signalétique a pour objectif de sensibiliser les randonneurs aux activités ancestrales du site (comme le pastoralisme), à la fragilité du milieu naturel et aux bonnes pratiques.

« Il n’existait pas de convention sur la propriété de M. de Quinsonas-Oudinot jusqu’ici. Il fallait donc cadrer les responsabilités, comme les usages, sur ce site particulièrement sensible de par ses richesses naturelles et patrimoniales, qui en font un endroit très prisé des randonneurs. Cette clarification juridique était nécessaire car elle permet désormais aux amoureux de la montagne de pouvoir à nouveau cheminer sur ce sentier magnifique, en respectant les règles désormais affichées, car marcher dans une Réserve naturelle n’est pas anodin. Cela inclut des devoirs, envers la faune, la flore et la propriété privée, comme c’est le cas ici », souligne le Président du Département Jean-Pierre Barbier.

« Partager les bonnes pratiques de la montagne est le leitmotiv quotidien du Parc et de la Réserve. Cette nature en partage mérite toute notre attention. L’accès est possible, mais il faut, rester sur les chemins balisés, ne pas y amener nos chiens, ne pas planter de tente, ne jamais faire de feu, ne rien cueillir, et évidemment ne pas laisser de trace de son passage, tout

particulièrement dans une Réserve naturelle », précise le Président du Parc naturel régional de Chartreuse, Dominique Escaron.

Un arrêté préfectoral pour protéger la Réserve Naturelle

Face à l’augmentation de la fréquentation de la Réserve, les opérations de sensibilisation se sont accrues et chacun doit être conscient de la fragilité du milieu.

L’État accompagne cette démarche avec la publication d’un arrêté préfectoral pour interdire le bivouac sous tente du 1er juillet au 31 août dans la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse, complétant ainsi la protection existante.

Créée par l’État en 1997 pour préserver la richesse naturelle exceptionnelle du site et gérée par le Parc naturel régional de Chartreuse depuis 2001, la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse s’étend sur 4 450 hectares.

« La Réserve est le fruit d’un choix qui nous engage. Aussi, les règles en vigueur aujourd’hui sont nécessaires pour protéger les milieux, la faune, la flore, les éléments géologiques et le paysage », précise le Préfet de l’Isère Louis Laugier.

Extrait cartoguide « Promenades et randonnées en Chartreuse » édition 2024 – Conception, mise en page et cartographie : Mogoma / Coordination : PNR Chartreuse / Carte réalisée à partir des données issues de la BD TOPO de l’IGN IGN PARIS – Tous droits réservés

Arrêté Préfectoral concernant le bivouac sous tente sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse

Du 1er juillet au 31 août, le bivouac sous tente est interdit par arrêté Préfectoral sur le périmètre de la Réserve naturelle pour les communes de Saint-Pierre-de-Chartreuse, Saint-Pierre-d’Entremont Isère et Savoie, Entremont-le-Vieux, Chapareillan, Plateau-des-Petites Roches, Porte de Savoie et Sainte Marie du Mont.

250 000 personnes sur 4450ha* :  c’est le nombre de personnes qui fréquente l’espace de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse en une année…. Cela fait beaucoup de monde qui souhaite profiter ou utiliser cet espace fragile à des fins de loisirs ou économiques…

Suite à l’hyperfréquentation constatée dans tous les espaces montagnards en 2020 lors de la pandémie, la pratique du bivouac a explosé également en Chartreuse engendrant des conflits d’usages mais également de nombreux impacts sur les milieux naturels (déchets, démultiplication de foyers de feux, dérangement de la faune, etc). Pour tenter de diminuer ce type d’impacts, plusieurs communes alpines ont mis progressivement en place des restrictions fortes comme l’interdiction totale de bivouaquer.

Sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse, un arrêté préfectoral vient entériner une expérience de 3 ans sur la restriction du bivouac.

La pratique du bivouac est autorisée uniquement sans tente, autrement dit le bivouac « à la belle étoile » (pas de tarp, ni bâche ou autre abri) sur la période allant du 1er juillet et 31 août.

Le bivouac sous tente, sera donc interdit sur cette période sur le périmètre de la Réserve naturelle sur les communes de Saint Pierre de Chartreuse, Saint Pierre d’Entremont Isère et Savoie, Entremont le Vieux, Chapareillan, Plateau des Petites Roches, Porte de Savoie et Sainte Marie du Mont..

Lien vers l’Arrêté Préfectoral

*Superficie de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse soit 5% du Parc naturel régional de Chartreuse

Podcast : La Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse

Avec Simon Lebret, garde animateur de la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse

Questions / Réponses concernant l’actualité sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse

Suite aux nombreuses réactions concernant l’accès pédestre de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) des Hauts de Chartreuse, nous vous proposons des questions/réponses afin d’y voir plus clair !

Est-ce que les terrains classés en Réserve Naturelle par l’État appartiennent à tout le monde ?

NON. Où que l’on se balade en France, on est toujours chez quelqu’un, sur du foncier appartenant à un propriétaire privé ou public. C’est le cas pour la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse dont le foncier se répartit entre plusieurs propriétaires :

Propriétaires sur la Réserve :

Communes 43% (domaine privé des communes)

Privés 31%

État 26 %

En France, le classement en RNN n’implique pas d’expropriation. L’ensemble des propriétaires (publics ou privés) restent propriétaires de leurs parcelles et biens, mais doivent se conformer à la réglementation de ladite Réserve.

La loi a-t-elle évolué récemment, si oui comment ?

OUI. La loi a évolué avec la loi n° 2023-54 du 2 février 2023 visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée. Cette loi créée une nouvelle infraction définie et réprimée par le Code pénal : nouvel article 226-4-3 du Code pénal : « Sans préjudice de l’application de l’article 226-4 [= violation de domicile], dans le cas où le caractère privé du lieu est matérialisé physiquement, pénétrer sans autorisation dans la propriété privée rurale ou forestière d’autrui, sauf les cas où la loi le permet, constitue une contravention de la 4e classe. »

La déviation du GR®9 s’est-elle faite suite à une demande des propriétaires ?

NON. Le déplacement du GR®9 n’est pas une demande du Parc, ni de la Réserve ni des propriétaires. Son évolution est issue d’un diagnostic réalisé par la Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRP) en 2016-2017 qui a révélé des incohérences sur différents secteurs de l’itinérance entre le Jura et la Méditerranée. En Chartreuse il s’agissait d’adapter le tracé pour proposer des étapes plus courtes, moins techniques, dotées de plus de services (hébergements, ravitaillement notamment). Cependant :

  • Ce n’est pas parce que le GR est enlevé de la Réserve qu’il n’y a plus de sentiers. Le GR®P Tour de Pays de Chartreuse et la Traversée entre Grenoble et Chambéry sont maintenus, comme indiqué dans le plan de circulation randonnée de la RN.
  • Aujourd’hui, on peut randonner sur la Réserve. Il est recommandé de rester sur les sentiers officiels pour éviter d’aggraver la situation. Mais si un propriétaire ne souhaite pas que l’on passe chez lui, nous ne pouvons qu’obtempérer.

Peut-on chasser sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse ?

OUI. En France, on chasse dans la majorité des Réserves naturelles. L’État a imposé pour le classement de la RNN. 70% du territoire chassable et 30% interdit à la chasse (ces 30% sont répartis sur chaque détenteur de droit de chasse public ou privé).

Ni le Parc ni la Réserve ne décident de quoi que ce soit sur la chasse. Le nombre d’animaux chassables est décidé au niveau départemental en lien avec les comptages. Les règles d’exercice de la chasse sont décidées nationalement. Les gardes de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse ont passé un commissionnement chasse pour vérifier que ces règles nationales soient bien appliquées.

Quel est le rôle du Parc et de la Réserve naturelle là-dedans ?

Le Parc joue son rôle de médiateur et cherche des solutions aux conflits d’usage. Il est au contact des propriétaires, comme de l’État, des fédérations, du collectif Chartreuse, des habitants et des pratiquants… il n’est ni celui qui émet les règles ni celui qui les fait respecter, mais il travaille pour que la pratique légitime de chaque acteur soit possible, à ce titre il agit pour que la randonnée puisse continuer sur ce secteur, comme d’autres activités. De nombreuses rencontres ont été organisées pour avancer sur le sujet et cela se poursuit. L’objectif est d’arriver à un accord avec le propriétaire sur les conditions d’accès et de circulation (Vallon de Marcieu – Aulp du Seuil)

2 points à signaler :

  • > On constate que depuis la création de la Réserve naturelle les infractions sont réduites concernant les feux, chiens et déchets notamment, ce qui montre la bonne approche des pratiquants de cet espace.
  • > En cas d’agression, les victimes peuvent aller porter plainte. Le Parc ne cautionne aucune violence quelle qu’elle soit et fait confiance à la justice pour que chaque infraction ou agression soit normalement étudiée.

article publié le 12 septembre 2023

Ensemble, prenons soin de nos biens communs 

Comment profiter de notre magnifique territoire et y accueillir nos visiteurs en respectant à la fois les paysages, la biodiversité, ainsi que les femmes et les hommes qui y travaillent ? Toute l’année, mais en particulier durant la saison estivale, au cours de laquelle l’activité touristique s’intensifie, le rôle du Parc naturel régional de Chartreuse est de contribuer à trouver l’équilibre entre valorisation et protection de nos biens communs. L’objectif ? Façonner un espace où l’on vive en harmonie avec la nature.

Au cœur des préoccupations du Parc de Chartreuse depuis sa création, la préservation de notre territoire multifacettes est un sujet complexe dont les enjeux évoluent.

Des règles et des recommandations

Les paysages et les milieux naturels de notre environnement remarquable sont fragiles et nous devons en prendre soin. Si la compréhension mutuelle est importante, on ne peut se passer de poser un cadre et d’en expliquer le sens à l’ensemble des usagers. Bien que les Parcs naturels régionaux ne soient pas des outils réglementaires, il peut exister des réglementations (notamment concernant les chiens ou le bivouac) édictées par les communes d’un parc. Des règles nationales s’appliquent par ailleurs dans les réserves naturelles nationales comme celle des Hauts de Chartreuse. Ses gardes disposent d’un pouvoir de police qui leur permet de verbaliser les contrevenants. Exemples des infractions visées : allumer un feu, camper, abandonner des déchets…

« On ne peut pas tout réglementer, mais on peut informer et conseiller les usagers du Parc. Ces recommandations visent à préserver les sites et à respecter la faune et la flore, explique Dominique Escaron. C’est pour cela, par exemple, que nous avons installé des panneaux de signalisation indiquant des zones à éviter l’hiver, en ski de randonnée ou en raquettes, car ce sont des sites d’hivernage des tétras-lyre. »

La Réserve naturelle, un choix qui nous engage

Créée par l’État en 1997 afin de préserver la richesse naturelle exceptionnelle du site, la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse s’étend sur 4 400 hectares. Sur une carte, elle ressemble à un ruban d’environ 20 km de long et 4 km de large entre Grenoble et Chambéry. Suzanne Forêt, sa conservatrice, précise : « C’est un espace où s’applique une réglementation particulière visant à sauvegarder le patrimoine naturel. La Réserve est le fruit d’un choix qui nous engage. C’est un compromis entre l’homme et la nature et, comme tout compromis, il génère parfois des frustrations… Les règles en vigueur aujourd’hui sont pourtant nécessaires pour protéger les milieux, la faune, la flore, les éléments géologiques et le paysage. ».

Lien réglementation : https://www.parc-chartreuse.net/rnhc

Randonner dans la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse : possible ? Pas possible ?

Nous avons été interpelés ces derniers jours à propos des conditions de pratique de la randonnée sur la Réserve des Hauts de Chartreuse.

Le label GR quitte donc la Réserve mais cette évolution n’impacte pas le cadre fixé par le plan de circulation de 2005.

Le public peut randonner sur la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse, pour autant, afin de préserver la quiétude des milieux et espèces, il est vivement recommandé aux randonneurs de rester sur les sentiers officiels.

Par ailleurs, un article du Parc portant sur l’évolution du GR9 vient d’être publié : https://www.parc-chartreuse.net/tourisme/randonnee-en-chartreuse-gr9-et-traversee-evoluent/

Montagne… Respect !

En collaboration avec le Parc naturel régional du Massif des Bauges et le Pays Basque, le Parc de Chartreuse a développé, en 2021, une campagne de sensibilisation pleine d’humour qui vise à partager l’espace en bonne intelligence. Spots radios, publicités sur les réseaux sociaux, cartes postales et affiches mettent en scène des animaux qui rappellent aux randonneurs quelques bonnes pratiques.

Comprendre les marquages

Il peut arriver de croiser d’autres types de balisage non officiels (dessins similaires mais code couleur différent (rose, vert, rouge-bleu, …). Ces tracés ne s’adressent pas au grand public, encore moins à la pratique de la randonnée pédestre.

Juin 2023 : opération interservices de police de l’Environnement

L’Office français de la biodiversité (OFB) Isère a coordonné sur l’ensemble du département de l’Isère, le samedi et le dimanche 25 juin 2023, une opération interservices de police de l’Environnement.
L’objectif de cette opération est le contrôle des activités et des sports de nature en lien avec la préservation de la biodiversité.

A ce titre, les équipes seront chargées entre-autre de :
• veiller au respect de la réglementation des espaces protégés,
• veiller au respect de la réglementation régissant les activités et sports de nature (VTM, feu, bivouac, divagation de chien, dérangement d’espèces, réglementations spécifique aux sites de pratique (escalade, canyoning, nautisme, …)
• sensibiliser les visiteurs rencontrés au respect des richesses de ces espaces protégés ou réglementés

En terme de bilan, l’opération a permis de rencontrer de très nombreuses personnes présentes sur les espaces naturels en ce dernier week-end du mois de juin avec une météo propice à la pratique des activités de nature.
Au total, plus de 1200 personnes ont été sensibilisées aux enjeux naturels et aux réglementations s’appliquant sur les différents sites. 22 contraventions ont été dressées pour des non-respects des règlementations relatives aux feux, aux chiens, à l’utilisation de drônes, à la pratique du VTT, ou encore à la circulation de véhicules dans les espaces
naturels protégés mais également pour de la pêche sans permis. 87 personnes ont également fait l’objet d’avertissement pour du bivouac, de la divagation de chien ou des feux dans des espaces naturels.

Pour rappel 

Pour le feu :

> Faire un feu détruit les 1ers cm du sol pour des milliers d’années. (10cm= 15000 à 40 000 ans à se former en altitude)

> Avec les sécheresses, le risque incendie est de plus en plus élevé. Ne jetez pas votre mégot.

> Il est possible d’amener un réchaud à gaz (à préférer au réchaud à bois), l’idée est de ne pas faire de feu au sol

Et pour les chiens :

Ils ne sont pas autorisés sur la Réserve, même tenus en laisse

Un chien :

> Dérange les animaux, surtout ceux qui habitent au sol, comme le tétras Lyre.

> Problème de cohabitation avec les troupeaux et les chiens de protection lorsqu’il y en a

En terme de bilan sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse, la tournée a eu lieu le 24 et 25 juin dernier. Trois zones de contrôles sur la réserve ont été observées, 240 personnes ont été sensibilisées lors de cette tournée. Trois procédures pour des feux illégaux et la présence d’un chien ont été dressées et 10 avertissements ont été formalisés en alerte sur des horaires de bivouacs (sur la zone en réserve naturelle) pour sensibiliser les personnes contactées.
En parallèle, de la réserve naturelle, d’autres équipes ont tourné sur la zone du Charmant Som, de la Charmette et du Monastère de la Grande Chartreuse où 40 personnes ont été sensibilisées ou interpellées dont une amende pour un  chien ainsi qu’une amende pour le feu.

Ont participé à cette opération :
• Le Parc National des Ecrins
• La Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse
• La Réserve naturelle nationale des Hauts-Plateaux du Vercors,
• La Réserve naturelle nationale du Haut-Rhône Français,
• La Réserve naturelle Régionale des étangs de Mépieu,
• La Direction Départementale des Territoires de l’Isère
• L’ONF
• Les gardes des Espaces Naturels Sensibles du Conseil Départemental
• Le PGHM
• La BT de Gendarmerie de Villard de Lans, du Touvet et de Meylan
• La Brigade Nautique de Gendarmerie
• La Commune de Chamrousse
• L’OFB

Les effectifs présents ont rassemblé 73 personnes sur les deux jours. Une vingtaine de grands sites ont été prospectés sur l’ensemble du Département. Le travail en inter-service a également permis aux équipes de se rencontrer, de partager des méthodes de travail et de découvrir de nouveaux sites.

Vidéos Dans les Pas des scientifiques

DANS LES PAS DES SCIENTIFIQUES – Une série de vidéos pour mieux comprendre la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse et son rôle : partager, protéger et gérer…

La Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse – Présentation


Gouffre du Grand glacier – glace en danger

Suivi Phénoclim


Étude des syrphes


La Grotte de l’ours des cavernes


L’art de bivouaquer responsable sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse

250 000 personnes au minimum sur 4450ha* :  c’est le nombre de personnes qui fréquente l’espace de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse (RN) en une année…. Cela fait beaucoup de monde qui souhaite profiter ou utiliser cet espace fragile à des fins de loisirs ou économiques…..

Suite à l’hyperfréquentation constatée dans tous les espaces montagnards en 2020 lors de la pandémie, la pratique du bivouac a explosé également en Chartreuse engendrant des conflits d’usages mais également de nombreux impacts sur les milieux naturels (déchets, démultiplication de foyers de feux alors qu’il est interdit en RN, dérangement de la faune, etc). 

Pour tenter de diminuer ce type d’impacts, plusieurs communes alpines ont mis progressivement en place des restrictions fortes comme l’interdiction totale de bivouaquer Les communes de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse ont, quant à elles, pris la décision de restreindre la pratique du bivouac à celle pratiquée uniquement SANS TENTE, autrement dit le bivouac « à la belle étoile », le vrai bivouac ! Cette mesure test a été appliquée sur le mois d’août 2021, accompagnée de beaucoup de sensibilisation sur le terrain et beaucoup de communication. Depuis cette première expérience, un arrêté préfectoral a été pris en 2024, il est valable pour tous les étés dorénavant.

Le bivouac SOUS tente, est donc interdit sur cette période sur le périmètre de la Réserve naturelle sur les communes d’Apremont, Saint Pierre de Chartreuse, Saint Pierre d’Entremont Isère et Savoie, Entremont le Vieux, Chapareillan, Sainte Marie du Mont, Porte de Savoie et Plateau des Petites Roches.

Vous pouvez donc poser votre tapis de sol, duvet et sursac avec votre réchaud gaz si besoin, de la tombée du jour au levé de celui-ci,  en profitant des étoiles et de la nature dans laquelle vous serez totalement immergé.

Bon bivouac responsable et bonne nuit étoilée.

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Les syrphes indicateurs de biodiversité

Les syrphidés sont de bons bio indicateurs. Les connaissances acquises et les dynamiques de recherches actuelles sur cette famille, en font un modèle inégalé à ce jour.

LES SYRPHES, DE « PETITES MOUCHES » INOFFENSIVES

Habitué des jardins fleuris, et souvent pris pour une petite guêpe, le syrphe n’est qu’une petite « mouche » qui vient souvent perturber vos siestes en montagne. Mais il peut faire beaucoup pour la biodiversité. Pollinisateur et grand prédateur des pucerons, il a tout d’un grand auxiliaire !

UNE ÉTUDE SUR LES SYRPHES

Dans le cadre du plan de gestion de la Réserve Naturelle Nationale des Hauts de Chartreuse, une seconde étude sur les diptères syrphidés a été réalisée en 2019 et 2020 sur les deux secteurs étudiés en 2008. L’objectif était de mesurer l’évolution de l’état écologique de ces habitats d’altitude (pelouses subalpines et pinèdes principalement) depuis 2008, via la méthodologie Syrph the Net /StN (https://www.reserves-naturelles.org/publications/cahier-ndeg8-guide-technique-de-mise-en-oeuvre-d-une-etude-syrph-the-net-retours-d). L’échantillonnage des syrphes a été réalisé à l’aide de tentes Malaise (Malaise, 1937). Standardisée, cette méthode de piégeage est passive (donc non attractive), non sélective (Fiers, 2004) et particulièrement efficace dans l’interception des insectes volants comme les adultes des diptères syrphidés. L’analyse StN est surtout basée sur la connaissance de l’écologie larvaire des syrphes.

En 2008, deux sites avaient été prospectés : le Granier avec 6 tentes et la Dent de Crolles avec 6 tentes, relevés sur 1 an. En 2019/2020, les deux mêmes sites ont été prospectés avec 2 tentes par site mais une analyse renouvelée sur deux ans pour limiter les biais météo éventuels.

RÉSULTATS D’ANALYSE ÉTUDE SYRPHE 2019/2020

UNE QUANTITÉ DE MATIÈRE VIVANTE GLOBALE, DE DIVERSITÉ D’ESPÈCE ET D’ABONDANCE DE CES DERNIERES EN FORTE DIMINUTION SUR LA DERNIÈRE DÉCENNIE.

Sur les deux secteurs étudiés entre 2008 et 2020, une diminution des bio-indicateurs de la famille des syrphes (Diptera) est observée (-16 % de l’abondance totale ; -7 % de la richesse spécifique). Le constat est similaire concernant la biomasse (Masse de matière vivante subsistant en équilibre sur une surface donnée du globe terrestre) estimée, chutant en moyenne de -62 % (passe de 7,6 ± 1,3 à 2,9 ± 1,2 gr/jour) durant la décennie, soit une perte annuelle de la biomasse en invertébrés de -6,2 %. Concernant la syrphidofaune, les diminutions sont surtout observées dans les cortèges subalpins (entre 1 700-1 900 m et 2 300-2 500 m d’altitude), notamment dans le secteur du Mont Granier. L’analyse des assemblages d’espèces, avec la base de données Syrph the Net, permet de quantifier cette dégradation fonctionnelle de -8 % à la Dent de Crolles et de -27% au Mont Granier.

UNE BAISSE DE LA DIVERSITÉ DES ESPÈCES FLORISTIQUES TYPIQUES DES MILIEUX DE PELOUSES OUVERTS ET SEMI-OUVERTS

Les pelouses et landes subalpines au Mont Granier deviennent en 2020 en mauvais état de conservation (Intégrité écologique (IE) = 36 %), enregistrant une baisse de -21% cette intégrité écologique depuis 2008. Les espèces manquantes signent, par leur absence, une baisse de la typicité floristique durant cette décennie.

A la Dent de Crolles, il semble, pour l’instant, que ces habitats ouverts soient en bon état (IE=65 % ±1 % entre 2008-2020). Les influences climatiques, combinées aux conditions stationnelles -certainement plus favorable, permettent peut-être une faculté de résistance plus forte qu’au Mont Granier. Si le substratum géologique (calcaire de l’Urgonien) et le pendage (20°) sont identiques, l’exposition diffère : exposée Sud-Est pour la Dent de Crolles et Nord-Ouest pour le Mont Granier. Ce dernier secteur est plus typé haute montagne que la Dent de Crolles (RNHC, 2018).

UN MANQUE DE BOIS VIEILLISSANT ET UNE DIMINUTION DU RENOUVELLEMENT FORESTIERS DE CERTAINES ESPÈCES D’ARBRES.

Dans les zones forestières, et malgré de bons à assez-bons résultats en 2019-2020 (IE Mont_Granier=59 % ; IE Dent_de_Crolles=72 %), les habitats de Pin sylvestre et Pin à crochets enregistrent une baisse de fonctionnalité. Ce constat est fortement marqué au Mont Granier (IE2008-2020=-32%) où le diagnostic pointe notamment un manque de bois vieillissant, mais surtout une faible apparition de nouveaux individus des espèces de type Pins et essences d’accompagnements. En l’absence de pastoralisme depuis plus de 60-70 ans, ce résultat est surprenant et semblerait être imputé aux modifications climatiques.

A la Dent de Crolles (IE 2008-2020= -8%), un maintien voire une augmentation de la fonctionnalité forestière était attendue, suite à l’absence de pâturage depuis 2007 (présence de nombreuses zones ouvertes en cours de recolonisation). Il est certes possible que la vitesse de recolonisation forestière soit extrêmement lente à cette altitude mais cela n’explique pas la diminution de la fonctionnalité.

Serait-ce également un des effets des modifications climatiques ? Encouragée par le réchauffement climatique, l’épicéa, est un concurrent tout désigné du pin à crochet, en plus d’être à même de recoloniser les secteurs anciennement pâturés. Pourtant, dans les conditions climatiques récentes et similaires, le pin ne semble guère souffrir de concurrence avec l’épicéa, dans la haute Chaine du Jura par exemple (Béguin in Prunier & Boissezon, 2017). Il sera donc intéressant d’observer si le passage, à un moment donné, d’un seuil en matière de conditions climatiques (durée d’enneigement plus courte, température moyenne plus élevée en période de végétation, sécheresses estivales accrues), favorise l’épicéa.

UNE REMONTÉE EN ALTITUDE INATTENDUE DE CERTAINES ESPÈCES DE SYRPHES.

Une proportion importante des espèces inattendues (44 % des espèces observées en moyenne) est mesurée en 2019-2020. Cette composante de la faune collectée était déjà importante en 2008 (40 %). Celle-ci provient des habitats attenants, non ciblés par l’échantillonnage (Hêtraie, Pelouses montagnardes…), et a -pour la plupart des espèces- des affinités écologiques montagnardes (entre ~500 m et ~1500 m d’altitude) voire collinéennes (entre 500 et 800 m). Leur proportion reste stable au Mont Granier et augmente cependant de 10% à la Dent de Crolles entre 2008 et 2020. Pour ces espèces, pour l’instant « inattendues », il est probable que les changements d’habitat ne se produisent pas assez rapidement et qu’elles ne puissent trouver refuge à de telles altitudes à moyen terme (Prunier & Boissezon, 2017).

LE GRANIER PLUS TOUCHÉ QUE LA DENT DE CROLLES SUR LA DERNIÈRE DÉCENNIE.

Il semblerait ne pas avoir de raison évidente pour que le site où le pâturage s’est arrêté il y a 60 ans, le Mont Granier, soit le plus gravement touché par des facteurs défavorables que la Dent de Crolles, où le pâturage ne s’est arrêté que récemment. Des données sur les précipitations pour chacune des stations étudiées seraient nécessaires pour étudier leurs différences et connaitre leur évolution au cours des dix dernières années. Si, pour une raison quelconque, le Mont Granier a été plus chaud et plus sec que la Dent de Crolles, le lien au changement du climat peut être évoqué de manière raisonnable, expliquant le déclin de la faune du Granier et prédisant également que la faune de Dent de Crolles présentera le même déclin prochainement.

Les données des suivis floristiques seraient intéressantes à étudier pour rechercher des éléments de compréhension de ce type. Précisons également que le pâturage naturel des ongulés sauvages est pris en compte dans la codification des pelouses subalpines (StN -23132, Speight & Castella, 2020). Ce dernier a un impact restreint, surtout en l’absence de compétition avec les espèces domestiques (Ducommun, 1992). Il n’est pas exclu que les ongulés aient un impact à l’avenir surtout, dans un contexte d’augmentation des populations et de modification climatique (Fischer et al. in Prunier & Boissezon, 2017).

Ces résultats, inquiétants, sont certainement induits par les perturbations climatiques que ces habitats subissent de plein fouet depuis un demi-siècle (GIEC, 2018). Ces zones ouvertes et semi-ouvertes subalpines de Chartreuse, comme le Mont Granier et la Dent de Crolles, sont des savanes karstiques froides et sèches, très fortement sensibles aux perturbations des précipitations, en quantité et en fréquence. Leur maintien semble menacé de disparition à moyen terme au profit des habitats montagnards. La vitesse des changements est inquiétante, à l’image de la mobilité « fuyante » des espèces dites inattendues, en dispersion dans des habitats subalpins qui n’auront certainement pas le temps de s’adapter et de les héberger.