Les insectes pollinisateurs : des alliés indispensables de la biodiversité 

Souvent discrets et pourtant essentiels, les insectes pollinisateurs jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et pourquoi leur présence est-elle un si bon indicateur de la qualité des écosystèmes ? 

Qu’est-ce qu’un insecte pollinisateur ? 

Un insecte pollinisateur est un insecte qui transporte du pollen d’une fleur à une autre, permettant ainsi la reproduction des plantes à fleurs. 

On distingue principalement quatre grands groupes d’insectes pollinisateurs : 

  • les coléoptères (les insectes à « carapaces » comme les scarabées, coccinelles, longicornes…), 
  • les hyménoptères (les abeilles, guêpes, fourmis), 
  • les diptères (les mouches, dont les syrphes), 

les lépidoptères (papillons de jour et de nuit). 

Parmi eux, les abeilles sont souvent les plus connues… mais aussi les plus méconnues ! 

Zoom sur les abeilles sauvages 

Contrairement aux idées reçues : 

  • il existe près de 1 000 espèces d’abeilles en France métropolitaine
  • une seule produit du miel : l’Abeille domestique (Apis mellifera)

Toutes les autres abeilles sont dites sauvages sauvages, la plupart d’entre elles sont solitaires

Ces abeilles présentent une incroyable diversité : 

  • tailles, couleurs et formes variées, 
  • langue plus ou moins longue adaptée aux fleurs qu’elles visitent, 
  • modes de vie très différents. 

Beaucoup nichent dans le sol, dans des petits terriers qu’elles creusent, certaines espèces tapissant même les parois avec des pétales de fleur. D’autres dans des tiges creuses ou des trous, certaines dans des coquilles vides d’escargots ! Elles y construisent des loges individuelles dans lesquelles les femelles vont déposer, dans chacune d’entre elles, un œuf ainsi que du « pain d’abeille », une substance composée de nectar et de pollen, qui servira de nourriture à la future larve. 

On trouve aussi des abeilles « coucous », qui pondent dans le nid d’autres espèces, et n’ont donc pas besoin de récolter de pollen. 

Certaines espèces récoltent du pollen (pour confectionner le pain d’abeille) sur une grande diversité de fleurs. Ces espèces sont dites « polylectiques ». D’autres sont spécialisées sur une famille voire une espèce de plante et sont dites « oligolectiques ». C’est par exemple le cas de la Collète du lierre, qui dépend étroitement du Lierre et inversement. 

Pourquoi les pollinisateurs sont-ils essentiels ? 

Les insectes pollinisateurs assurent la reproduction de près de 80 % des plantes à fleurs. Sans eux : 

  • de nombreuses plantes ne pourraient plus se reproduire, 
  • les chaînes alimentaires seraient profondément perturbées, 
  • une grande partie de notre alimentation serait menacée. 

Mais leur rôle va encore plus loin. 

De véritables indicateurs de la biodiversité 

Les pollinisateurs sont considérés comme d’excellents indicateurs de la qualité des milieux naturels

Pourquoi ? 

  • Ils dépendent directement de la diversité florale, 
  • Ils sont sensibles aux pesticides et aux perturbations, 

Ils ont souvent des besoins très spécifiques (habitats, plantes hôtes…). 

Ainsi, un territoire riche en pollinisateurs est généralement un territoire : 

  • diversifié, 
  • équilibré, 
  • en bonne santé écologique. 

À l’inverse, leur raréfaction est souvent le signe d’un déséquilibre environnemental. 

Les actions du Parc naturel régional de Chartreuse 

Le Parc naturel régional de Chartreuse et la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse mènent plusieurs actions pour mieux connaître et préserver ces espèces. 

Des suivis scientifiques :

  • participation au programme Syrph the Net pour étudier les syrphes (mouches pollinisatrices), 
  • inventaires d’abeilles sauvages pour mieux connaître leur diversité, 
  • suivis de papillons remarquables comme le Semi-Apollon ou le Cuivré des marais
  • inventaires de papillons de nuit, encore largement méconnus. 

Ces études permettent de mieux comprendre les évolutions des populations et d’adapter les actions de préservation. 

Des actions concrètes pour favoriser les pollinisateurs 

Le Parc encourage des pratiques simples et efficaces : 

  • ne pas utiliser de pesticides, 
  • espacer les tontes, 
  • conserver des zones non tondues, 
  • privilégier des fleurs locales et variées, 
  • laisser du bois mort, des tas de branches, 

maintenir des zones de sol nu pour la nidification des abeilles. 

Attention aux idées reçues ! 

Certaines actions, souvent perçues comme bénéfiques, ne le sont pas forcément : 

  • ❌ Installer des ruches ne protège pas les pollinisateurs sauvages 
    → l’abeille domestique concurrencera les autres espèces d’abeilles  
  • ❌ Les hôtels à insectes ne sont pas toujours adaptés 
    → ils favorisent essentiellement des espèces communes, regroupent au même endroit des espèces habituellement solitaires (ce qui peut augmenter le parasitisme), et peuvent même favoriser l’expansion d’abeilles exotiques envahissantes, comme la Mégachile géante (Megachile sculpturalis). Les hôtels à insectes sont plus des outils d’observation que de préservation. 

👉 La meilleure solution reste de préserver des habitats naturels diversifiés

Préserver les pollinisateurs, un enjeu collectif 

Chacun peut agir à son échelle : jardin, balcon, espace public… 
En favorisant des milieux plus naturels et diversifiés, nous contribuons à préserver ces insectes essentiels. 

Protéger les pollinisateurs, c’est finalement préserver l’équilibre de la nature… et le nôtre

Crédit photo : Bastien Moisan

Formation : taille d’arbres fruitiers samedi 14 mars 2026

COMPLET prochaine date de formation à venir en décembre… Merci !

Apprenez à tailler vos arbres fruitiers : vieux arbres ou jeune scion, comment les entretenir, à quelle période…

Une journée de formation pour apprendre à tailler et entretenir vos arbres fruitiers, qu’il s’agisse de jeunes scions ou de vieux arbres. Conseils pratiques, gestes techniques et périodes d’intervention seront abordés, avec mise en pratique sur le terrain.

Vous souhaitez apprendre à bien tailler vos arbres fruitiers et comprendre leurs besoins au fil des saisons ? Cette formation vous apportera les bases essentielles pour entretenir durablement vos fruitiers, améliorer leur santé et favoriser une belle fructification.

Au programme : comprendre la physiologie de l’arbre, différencier la taille d’un jeune scion de celle d’un arbre adulte, redonner vigueur à un vieux sujet, choisir la bonne période d’intervention et adopter les bons outils et gestes. La journée alternera apports théoriques et exercices pratiques.

Formation proposée par le Parc naturel régional de Chartreuse, animée par Annelore Waty de la Pépinière de l’Arbre Perché

Horaires : 9h30 – 18h
Lieu / Secteur : Proveyzieux (le lieu exact sera précisé après inscription)
Renseignements : Formation GRATUITE– 15 personnes maximum – Repas du midi tiré du sac.

FORMATION GRATUITE mais INSCRIPTION obligatoire Avant le 3 mars

Inscrivez-vous en ligne :

Plus d’information

Auprès de l’accueil du parc :

Parc naturel régional de Chartreuse

04 76 88 75 20

accueil@parc-chartreuse.net

Livre numérique : « Reliefs et environnements des Hauts de Chartreuse, une indissociable évolution »

Sur les Hauts de Chartreuse, les paysages, les habitats naturels pour la faune comme pour la flore sont intimement liés à un cadre physique original. Il participe grandement à l’esprit des lieux et à la décision de classer cet espace en Réserve Naturelle.

La vocation des paysages et des reliefs des Hauts de Chartreuse à fasciner ceux qui fréquentent ces lieux ne s’est jamais démentie. D’innombrables questions sont posées aux agents de la réserve naturelle, ramenant souvent à l’identité physique singulière de ce territoire (relief cloisonné et perché, relief karstique, hautes parois calcaires, chemin de l’eau, microreliefs étonnants, glaces souterraines, …). Par ailleurs, les précieux géopatrimoines des Hauts de Chartreuse peuvent subir, de différentes manières, des menaces à leur bonne conservation (vandalisme paléontologique, graffitis, équipements ou aménagements…).

S’agissant de thématiques incontournables pour l’interprétation du site mais relativement complexes, il est apparu utile de concevoir des supports explicatifs. L’objectif didactique est d’insister sur l’importance de préserver tous les éléments constitutifs du « géosystème », l’interdépendance du cadre physique avec le monde vivant, les valeurs intrinsèques des géopatrimoines, leur aspect dynamique comme leur valeur d’archives environnementales. Pour ce faire, il n’était cependant pas question d’installer du mobilier sur site susceptible d’impacter les lieux.

Une série de 23 illustrations inédites, spécifiques au site, a été produite. Ces illustrations sont destinées à être déclinées, à terme, sur différents supports mobiles ou dématérialisés (sets de table, nappes de pique-nique, … ). L’objectif est qu’elles soient appropriées par tout un chacun qui souhaiterait découvrir, animer, expliquer, interpréter in ou ex situ ces riches thématiques (notamment accompagnateurs en montagne, guides spéléo, animateurs de groupes, …). Dans un premier temps, elles ont été regroupées dans un livre numérique proposant un récit explicatif à deux niveaux de lecture, par chapitres thématiques fonctionnant indépendamment. Des liens dans le texte amènent vers un abécédaire illustré traitant le vocabulaire spécifique et quelques notions de géomorphologie. 

S’agissant d’un premier effort de vulgarisation, ce livre numérique n’a pas vocation à couvrir l’ensemble des richesses des Hauts de Chartreuse. Il constitue une première étape, un socle destiné à être enrichi au fil du temps pour approfondir la compréhension de ces paysages uniques et partager toujours plus de connaissances sur ce patrimoine remarquable.

Le bouquetin des Alpes en Chartreuse : 15 ans de présence et une population bien installée…Une belle histoire de nature retrouvée

Lorsque la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse a été créée en 1997, un rêve a ressurgi : revoir le bouquetin des Alpes sur les falaises du massif. Disparu depuis plusieurs siècles, ce symbole de la faune alpine trouvait ici un territoire idéal… mais isolé, sans possibilité de recolonisation naturelle.

Grâce à un important travail d’études, de concertation et de partenariat (notamment avec le Parc national de la Vanoise, l’ONCFS et le Laboratoire vétérinaire de Savoie), le projet de réintroduction a pu voir le jour.
En 2010 et 2011, 30 bouquetins ont été relâchés dans la Réserve naturelle, après avoir été soigneusement capturés, examinés et suivis. Les habitants et les écoles du massif ont participé à cette aventure, faisant du retour du bouquetin un moment fort de la vie locale.

Une espèce désormais emblématique du massif

Quinze ans plus tard, le bouquetin fait partie du paysage !
Son observation est devenue courante, et de nombreux randonneurs viennent spécialement en Chartreuse pour espérer croiser cet impressionnant grimpeur des cimes.

Les suivis scientifiques montrent une population bien implantée et en bonne santé, concentrée surtout autour du Granier et du Pinet.
Les animaux présentent de bons indicateurs physiques (cornes, vitalité, reproduction), signe d’un environnement favorable et de ressources alimentaires abondantes.
En 2025, la population est estimée entre 120 et 170 individus, avec une densité d’environ 5 bouquetins/km².

Une expansion progressive

Les bouquetins commencent désormais à explorer de nouveaux secteurs.
Des observations récentes laissent penser que la population s’étend vers l’est et le sud du massif, jusqu’à la Dent de Crolles où une première mise-bas a été constatée en 2025.

Ces déplacements témoignent de la vitalité de la population, mais rappellent aussi la nécessité de préserver la tranquillité de certains sites sensibles, notamment au printemps.

Et demain ?

Dernière population de bouquetins réintroduite dans les Alpes françaises, celle des Hauts de Chartreuse occupe une position clé pour la conservation de l’espèce.
Un nouveau suivi scientifique, lancé en 2024, vise à mieux comprendre son évolution, ses zones vitales et sa génétique.

Le bouquetin reste une espèce protégée et sensible, menacée par les maladies et le changement climatique.
Sa présence en Chartreuse est un symbole fort : celui d’un territoire capable de restaurer durablement la biodiversité alpine et de faire revivre un patrimoine naturel disparu.

« Le saviez-vous ? »
> Le bouquetin des Alpes avait totalement disparu de France au XIXe siècle.
> Tous les bouquetins français actuels descendent d’un petit noyau venu du Grand Paradis, en Italie.
> En Chartreuse, les mâles adultes peuvent atteindre 1 mètre au garrot et plus d’1 mètre de cornes !

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VISITE DE LA MFR Mozas 

Site N 2000 Herretang – La Tuilerie 

Le 18 novembre 2025 

Une classe de terminale CGEA (Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole) de la MFR Mozas a passé la journée dans le Parc naturel régional de Chartreuse avec pour objectif d’étudier les relations entre les activités agricoles et les enjeux environnementaux sur le territoire.  

Le matin, les jeunes se sont rendus sur l’exploitation du GAEC La ferme de Miri’Bêle à Miribel-les-Echelles. L’échange a permis d’étudier l’activité d’une exploitation en vaches et brebis laitières avec transformation fromagère dans un cadre où les ressources naturelles sont à préserver. Ils ont pu mettre en évidence que l’élevage n’était pas incompatible avec la préservation du sol, bien au contraire, l’agriculteur est un acteur de l’entretien du paysage. Les pratiques agricoles adaptées permettent de valoriser les ressources tout en générant des revenus.  

L’après-midi a été consacré à une présentation plus globale des différents acteurs du Parc naturel régional de Chartreuse, des dispositifs de préservation des patrimoines naturels sur le territoire avec une présentation du réseau Natura 2000, des Mesures agro-environnementales et Climatiques et des Espaces Naturels Sensibles. 

Durant ce temps, les rôles des différents acteurs présents, Laurent Fillon, chargé de mission agriculture, Lise Balaguer, chargée de mission Natura 2000 et Rivières Sauvages au Parc naturel régional de Chartreuse et Marie Thiberville, gestionnaire de l’ENS de l’Herretang au Département de l’Isère ont été présenté. Cela a été l’occasion d’aborder les liens constants entre activité agricole, partage du territoire et gestion d’espace naturel. Une présentation du dispositif Natura 2000 sur le site « Marais-Tourbières de l’Herretang » appartenant à ce vaste réseau européen a été faite. La gestion de l’ENS de l’Herretang, les enjeux et une balade autour de la Tuilerie ont permis de mieux cerner les enjeux sur le site. Le rôle et l’importance des zones humides a été partagé à des élèves qui côtoient ces milieux au quotidien mais qui, pour autant, ne connaissent pas forcément les enjeux liés à ces habitats. Les jeunes ont pu se rendre compte de l’importance d’une gestion collective et participative pour l’intérêt et l’activité de chacun.  

En partant d’un a priori d’antagonisme entre préservation de l’environnement et production agricole, ils ont progressivement, au fil des échanges, évolué vers une position moins catégorique et reconnu la compatibilité du maintien de la biodiversité avec l’agriculture. Une présentation concrète de la campagne de contractualisation 2024 des MAEC (Mesure agro-environnementale et Climatique), avec la mesure « Préservation des milieux humides » sur le site Natura 2000 de l’Herretang a été accueillie avec curiosité.  

A la fin de la journée, les jeunes ont pu s’exprimer sur leurs pratiques actuelles, et ceux avec quoi ils repartent pour l’avenir. « J’ai découvert que la surface des zones humides est en nette diminution » ; « J’ai appris que le Cuivré du Marais avait besoin de Rumex pour vivre » ; « J’ai compris quel était l’objectif d’un site Natura 2000 et d’un ENS. » (citation des élèves, lors d’un débat mouvant).  

A nous, à eux d’écrire la suite !  

Des zones de quiétude hivernale signalées pour protéger la faune et partager les espaces en Chartreuse

Des zones de quiétude hivernale signalées pour protéger la faune et partager les espaces en Chartreuse

Les amoureux du hors piste en Chartreuse pourront désormais repérer facilement les zones de quiétude hivernale mises en place pour préserver la faune sauvage durant l’hiver, notamment le tétras-lyre, une espèce emblématique et fragile. Début novembre, la signalisation de Chamechaude et du Charmant Som ont été équipés de panneaux informatifs pour cet hiver.

Ces zones ont été définies grâce à un travail collectif, impliquant une large diversité d’acteurs du territoire : accompagnateurs en montagne, sportifs, chasseurs, associations de protection de la nature, gestionnaires forestiers, éleveurs, et représentants des collectivités. Ensemble, ils ont identifié Chamechaude et le Charmant Som comme prioritaires, et ces secteurs ont déjà bénéficié d’actions spécifiques, comme la suspension de la chasse en hiver, l’aménagement pastoral, ou encore le retrait de câbles dangereux.

Les panneaux, récemment installés par le Parc et les bénévoles de l’association CAF Grenoble-Oisans de la Fédération Française de Randonnée, permettent d’informer les pratiquants (randonneurs, skieurs, raquettistes) sur les limites de ces zones sensibles. Ils rappellent l’importance de limiter les perturbations pour la faune en restant sur les itinéraires balisés.

Cette démarche participative illustre une belle réussite collective en Chartreuse. Elle montre qu’il est possible de concilier protection de la nature et pratiques de plein air, pour que chacun puisse continuer à profiter de ce territoire d’exception dans le respect de ses équilibres naturels.

Un grand merci aux bénévoles et partenaires qui rendent ces actions possibles !

Un nouveau visage au Parc de Chartreuse pour animer les Atlas de la biodiversité communale

Depuis début novembre, Hugo Jame a rejoint l’équipe du Parc naturel régional de Chartreuse. Il prend en charge l’animation du programme Atlas de la Biodiversité Communale (ABC), un dispositif qui vise à mieux connaître et valoriser la richesse naturelle du territoire, tout en impliquant les habitants.

Titulaire d’un Master en écologie opérationnelle, Hugo Jame a déjà mené plusieurs projets d’inventaires participatifs et de sensibilisation dans des territoires de montagne. Curieux, pédagogue et passionné par la nature, il aime créer du lien entre scientifiques, élus, associations et citoyens.

« L’objectif des ABC, c’est d’apprendre à connaître la biodiversité autour de chez soi pour mieux la préserver. Et surtout, de le faire ensemble ! » explique le nouveau chargé d’animation.

Sur les 15 communes engagées dans la démarche ABC Chartreuse, il coordonnera les inventaires naturalistes (oiseaux, papillons, orchidées, chauves-souris, libellules…) et proposera des animations grand public : balades nature, ateliers participatifs, interventions dans les écoles ou encore expositions.
Il accompagnera aussi les élus pour intégrer la biodiversité dans leurs projets d’aménagement.

Le Parc de Chartreuse se réjouit de cette nouvelle arrivée !

« Avec Hugo, nous renforçons la dynamique collective autour de la connaissance et de la préservation du vivant. Son profil mêlant rigueur scientifique et talent d’animateur correspond parfaitement à l’esprit du Parc », souligne l’équipe biodiversité.

Les premières animations publiques sont prévues dès les prochaines semaines dans les communes partenaires.
Pour en savoir plus sur le projet ABC Chartreuse : www.parc-chartreuse.net/biodiversite/un-atlas-de-la-biodiversite-communale-en-chartreuse-cest-parti

Dessouchage de saules via traction animale : redonner vie à une tourbière de Chartreuse

Ce mercredi 29 octobre, sur les hauteurs de Proveysieux, le paysage était animé d’une scène peu ordinaire : un cheval franc-comtois, Youki, tirait patiemment des souches de saule dans la fraîcheur matinale, sous la conduite experte de Noémie, sa maîtresse, venue de Saint-Pierre-d’Entremont. Une image bucolique ? Pas seulement : une expérimentation de gestion de milieu naturel, réalisée dans le cadre de l’animation du site Natura 2000 « Ubacs du Charmant Som et Gorges du Guiers mort ».

Un milieu remarquable à préserver

La zone d’intervention se situe sur une tourbière d’altitude, un écosystème rare dans le massif de la Chartreuse. Ces milieux humides, fragiles, jouent un rôle essentiel : véritables réservoirs de biodiversité, ils abritent des espèces spécialisées (Listère à feuilles en cœur, Ophioglosse des marais, Sphaignes, etc.) et participent à la régulation du cycle de l’eau et au stockage du carbone.
Mais au fil des années, la végétation arbustive – notamment le saule – a progressivement colonisé la tourbière. Cette dynamique naturelle, accélérée par le changement climatique, assèche le milieu et menace les habitats humides qui font la richesse du site.

La traction animale, un savoir-faire au service de l’environnement

Pour restaurer l’équilibre de la tourbière, le choix a été fait d’expérimenter la traction animale. Une méthode douce et respectueuse : peu bruyante, à faible impact sur les sols fragiles, et porteuse d’un savoir-faire ancestral que le Parc et la commune de Proveysieux souhaitent valoriser.
Youki, le cheval de trait franc-comtois, a ainsi œuvré toute la matinée à extraire les souches de saule, accompagné de Noémie et de l’équipe technique du Parc. Cette journée avait également pour objectif de tester la faisabilité et la durée d’intervention, afin de calibrer les futures opérations.

Une expérimentation collective

L’action s’inscrit dans la démarche Natura 2000, en partenariat avec la commune de Proveysieux, le Département de l’Isère et le Parc naturel régional de Chartreuse. Elle illustre pleinement les missions d’un PNR : expérimenter, innover, et conjuguer préservation du patrimoine naturel et culturel au travers  d’un savoir-faire local.

Natura 2000, c’est quoi déjà ?
C’est un réseau européen de sites naturels protégés, visant à préserver la biodiversité tout en permettant une cohabitation harmonieuse entre activités humaines et nature. Le Charmant Som en fait partie grâce à ses paysages préservés, ses espèces rares et ses milieux sensibles.

Et après ?

Les travaux se poursuivront en 2026, avec une phase plus large d’arrachage et d’exportation des saules, combinant traction animale et engins légers. L’objectif : restaurer durablement la tourbière, pour redonner place aux milieux humides et aux espèces qui en dépendent.

Un grand merci à Youki et Noémie et à l’ensemble des partenaires qui contribuent à préserver les milieux naturels en Chartreuse.

Action financée par la Région Auvergne Rhône Alpes, dans le cadre de l’animation Natura 2000

Prestataire : Noémie Courson*, « D’un seul trait »

*(et Youki)

À la rencontre des médiateurs du Charmant Som : pour un tourisme respectueux de la biodiversité

Le Charmant Som, bien connu des randonneurs et amoureux de la Chartreuse, accueille cet été une présence un peu particulière : celle de médiateurs chargés de sensibiliser les visiteurs à la richesse et à la fragilité des espèces et habitats de ce site Natura 2000.

Pourquoi cette présence sur le terrain ?

La fréquentation du Charmant Som est croissante, l’éco-compteur en place indiquait en 2017 75 400 visiteurs à l’année contre 100 000 estimés aujourd’hui (+32% en 8 ans). Cette augmentation génère des comportements parfois inadaptés : présence de chiens en période d’estive, pratiques de bivouac inadaptées, sortie de sentiers, etc. Cette affluence touristique croissante nécessite de redoubler d’attention pour que chacun puisse profiter du site sans en compromettre l’équilibre.

Depuis début juillet des médiateurs sillonnent les sentiers du Charmant Som.

Leur mission ? Vous accueillir, partager leurs connaissances sur la faune et la flore, et échanger avec vous autour de ce site exceptionnel classé Natura 2000. Ils vous feront découvrir toute la richesse des lieux… mais aussi la fragilité des milieux, avec à la clé des conseils pratiques pour randonner tout en préservant cet espace fragile.

Natura 2000, c’est quoi déjà ?

C’est un réseau européen de sites naturels protégés, visant à préserver la biodiversité tout en permettant une cohabitation harmonieuse entre activités humaines et nature. Le Charmant Som en fait partie grâce à ses paysages préservés, ses espèces rares et ses milieux sensibles.

Le site Natura 2000 Ubacs du Charmant Som et Gorges du Guiers mort, géré par le Parc naturel régional de Chartreuse, est en majeure partie situé dans la forêt domaniale de la Grande Chartreuse, propriété de l’État depuis 1792 elle-même gérée par l’Office National des Forêts (ONF).

D’une superficie de 2 327 ha, le site abrite une richesse d’habitats naturels forestiers, reconnus à l’échelle européenne pour leur rareté ou leur fragilité, comme des érablaies de pente et des épicéas sur lapiaz. Sont également présents des milieux ouverts, comme les prairies ou les pelouses d’altitude, des milieux rocheux et humides, notamment une tourbière acide d’altitude, milieu particulièrement remarquable puisqu’il accueille des habitats naturels rares à l’étage montagnard.

Le saviez-vous ?

Le site Natura 2000 couvre des hectares de forêt, d’alpages et de milieux rocheux, hébergeant des espèces emblématiques comme la Potentille du Dauphiné, la Rosalie des Alpes ou la chevêchette d’Europe. Préserver ce patrimoine, c’est l’affaire de tous !

Le portrait du mois d’août

Chaque mois jusqu’en octobre, nous vous présenterons l’un de ces visages que vous croiserez peut-être au détour d’un sentier ou près de l’alpage.

Renaud Puissauve fait partie des médiateurs que vous pourrez rencontrer cet été au Charmant Som. Passionné de nature et de grands espaces depuis plus de 20 ans, il s’est orienté vers des études en écologie avant de se lancer dans l’animation, puis devenir accompagnateur en montagne. Curieux, avide de rencontres et toujours prêt à partager ses connaissances, il a trouvé dans ce métier un parfait équilibre entre passion et engagement !

Le portrait du mois de septembre

Régis Brosse-Jaccaz : Passionné par son métier, Régis aime accompagner sur les plus hauts sommets ou en randonnée thématique (plantes médicinales notamment). Véritable ambassadeur de la Chartreuse, qu’il connaît comme sa poche – dont le Charmant Som et la Réserve naturelle –, il aime transmettre son attachement à ce territoire exceptionnel. Très impliqué dans la sensibilisation, il participe chaque année aux actions d’éducation au territoire, notamment dans le cadre des projets pédagogiques portés par le Parc, et contribue ainsi à éveiller la curiosité et le respect des générations futures.

Action mené par le Parc naturel régional de Chartreuse, en partenariat avec Grenoble Alpes Métropole et la Communauté de communes cœur de chartreuse et co-financée par la Région Auvergne Rhône Alpes

Des syrphes… au service de la science !

2025 marque le début d’une étude triennale menée conjointement par le Parc naturel régional de Chartreuse et la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse. Basée sur la méthode « Syrph The Net », cette étude vise à évaluer l’état de conservation des milieux forestiers et des cours d’eau, afin de formuler des recommandations de gestion adaptées à chaque type d’habitat.

Une nature précieuse à surveiller

Les Hauts de Chartreuse abrite une mosaïque de milieux remarquables, protégés à double titre : le site est classé Réserve naturelle nationale et Natura 2000.

La Réserve naturelle nationale protège l’ensemble des milieux et espèces grâce à une réglementation stricte.

Le réseau Natura 2000, lui, mise sur une gestion concertée avec les acteurs locaux, pour préserver les espèces et habitats d’intérêt communautaire.

En conjuguant leurs efforts, ces deux dispositifs permettent de mieux connaître, suivre et protéger la biodiversité du territoire. C’est précisément l’objectif de cette nouvelle étude menée de 2025 à 2027.

Des syrphes… au service de la science !

Au cœur de ce suivi écologique : des insectes discrets mais bioindicateurs de l’état de santé des écosystèmes. Ce sont les syrphes, une famille de mouches souvent méconnue mais essentielle.

Les syrphes ont une particularité : leurs larves occupent tous les compartiments d’un habitat naturel (racines, bois mort, sol, feuillage…), ce qui en fait de formidables indicateurs de la fonctionnalité d’un milieu.

En parallèle, certains insectes aquatiques (Plécoptères, Éphémères, Trichoptères) seront également étudiés pour évaluer la qualité de l’eau du Guiers Mort, un cours d’eau labellisé « Site Rivières Sauvages ».

La méthode « Syrph The Net » repose sur la comparaison entre les espèces de syrphes « attendues » dans un habitat en bon état, et celles réellement observées. Cela permet de mesurer le degré de naturalité d’un habitat et d’identifier d’éventuels déséquilibres.

Deux types de forêts à la loupe

L’étude concernera deux types de hêtraies-sapinières : 4 tentes Malaise ont été installées, et les relevés sont effectués tous les 15 jours, de mai à septembre.

L’objectif est de comparer l’ état de conservation des différents milieux forestiers, de mieux comprendre l’impact des pratiques forestières sur la biodiversité, et de proposer des recommandations de gestion pour préserver ou restaurer la qualité écologique de ces milieux.

Natura 2000 et Réserve naturelle Nationale: des dispositifs complémentaires

Ce suivi s’inscrit dans une démarche à long terme, commune au Plan de gestion de la Réserve naturelle (action CS1) et au Document d’objectifs (DOCOB) du site Natura 2000 des Hauts de Chartreuse (action E1).

Les résultats viendront alimenter les réflexions des gestionnaires, orienter les actions de préservation des propriétaires forestiers, et renforcer la connaissance scientifique sur les milieux forestiers et aquatiques de Chartreuse.

En travaillant conjointement, les deux dispositifs multiplient les leviers d’action pour protéger la biodiversité, tout en tenant compte des usages locaux.

Rendez-vous en 2027 pour découvrir les résultats de cette étude et mieux comprendre le fonctionnement des forêts de Chartreuse et la qualité de ses eaux !

Le Saviez- vous ?

Cette étude a déjà été réalisée sur des milieux ouverts, vous pouvez consulter les résultats ici : https ://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/naturae2025a5.pdf

Action réalisée avec le cofinancement de la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de l’animation Natura 2000 et de l’État dans le cadre de la gestion de la Réserve naturelle nationale

En savoir plus :