Portrait du mois : Alexandre Piccini, médiateur au Charmant Som
Portrait du mois : Alexandre Piccini, médiateur au Charmant Som
Nous vous présentons Alexandre, l’un des médiateurs que vous pourrez croiser sur les sentiers du Charmant Som cet été.
Alexandre est accompagnateur en montagne en Chartreuse depuis 6 ans. Ce qui le fait se lever chaque matin ? La transmission, le partage, les émotions. Être dans la nature au quotidien, avec cette sensation de liberté et ce lien aux choses simples. La chance de découvrir de nouveaux espaces, mais aussi, et peut-être surtout, de s’émerveiller d’un paysage, d’une fleur, d’un insecte.
Pour lui, le Charmant Som c’est « le belvédère de la Chartreuse, facile d’accès. Pour certains, c’est le premier sommet, la première marmotte, la première grande voie, le premier bivouac, la première tome d’alpage, le premier dénivelé en vélo ou en ski de rando… et tout ça dans un décor naturel sauvegardé d’exception. Un 360° sur un des toits de la Chartreuse, pour tous ! »
Chaque mois jusqu’en octobre, nous vous présentons l’un de ces visages que vous croisez peut-être au détour d’un sentier ou près de l’alpage.
Action menée par le Parc naturel régional de Chartreuse, en partenariat avec Grenoble Alpes Métropole et la Communauté de communes Cœur de Chartreuse, co-financée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et l’Union Européenne
Des médiateurs au Charmant Som
Des médiateurs au Charmant Som
Sensibilisation sur le site Natura 2000 – c’est reparti pour la saison 2026 !
Depuis fin mai, des médiateurs sillonnent les sentiers du Charmant Som. Leur mission : vous accueillir, partager leurs connaissances sur la faune et la flore, et échanger avec vous autour de ce site exceptionnel.
Le Charmant Som, bien connu des randonneurs et amoureux de la Chartreuse, accueille depuis l’été 2025 une présence un peu particulière : celle de médiateurs chargés de sensibiliser les visiteurs à la richesse et à la fragilité des espèces et habitats de ce site Natura 2000.
La fréquentation du Charmant Som est croissante. Cette augmentation génère des comportements parfois inadaptés : présence de chiens en période d’estive, pratiques de bivouac inadaptées, hors sentiers, feux, etc. Une attention renforcée s’impose pour que chacun puisse profiter du site sans en compromettre l’équilibre.
Natura 2000, c’est quoi déjà ? C’est un réseau européen de sites naturels protégés, visant à préserver la biodiversité tout en permettant une cohabitation harmonieuse entre activités humaines et nature. Le site Natura 2000 « Ubacs du Charmant Som et Gorges du Guiers Mort », géré par le Parc naturel régional de Chartreuse, s’étend sur 2 327 hectares de forêt domaniale, de prairies d’altitude et de milieux rocheux. Il abrite des habitats rares reconnus à l’échelle européenne, ainsi que des espèces emblématiques comme la Potentille du Dauphiné, la Rosalie des Alpes ou la chevêchette d’Europe.
Bilan de la saison 2025
La mission en chiffres
De juillet à septembre 2025, 4 accompagnateurs en montagne de Cartusiana ont réalisé 25 journées de présence sur site, alternant maraude sur les sentiers et stand avec outils pédagogiques, près de 3 000 personnes sensibilisées !
Les publics rencontrés
Les visiteurs sont variés : familles, randonneurs solo, groupes adultes, traileurs, grimpeurs, parapentistes, et contemplatifs venus profiter du panorama. Une majorité arrive en voiture individuelle et se gare à l’oratoire du Charmant Som. L’analyse des questionnaires distribués révèlent que si la plupart des visiteurs se préparent correctement (météo, équipement), une part significative arrive sans avoir consulté de source d’information particulière.
Ce que les médiateurs ont observé
Au-delà du contact humain, les médiateurs ont mené un travail d’observation et de veille environnementale précieux : faune, pratique de bivouac, problématiques récurrentes, utilisateurs atypiques.
L’accueil des visiteurs a été globalement positif. Les personnes rencontrées sont en demande d’informations et sensibles aux échanges.
Une demi-journée d’arrachage du Bunias d’Orient sur l’Herretang !
Une demi-journée d’arrachage du Bunias d’Orient sur l’Herretang !
Le Bunias d’Orient (Bunias orientalis) est une plante exotique envahissante, originaire d’Europe de l’Est et d’Asie, aujourd’hui en expansion sur le massif de la Chartreuse. Elle se reconnaît à ses fleurs jaunes en croix et à ses petits fruits en forme de poire. Très compétitive, elle peut rapidement coloniser les prairies et milieux ouverts. Sa présence entraîne une perte de biodiversité et peut également nuire aux pratiques agricoles en diminuant la qualité des fourrages.
C’est dans ce contexte qu’une demi-journée d’arrachage s’est tenue sur la tourbière de l’Herretang ce mercredi matin 13 mai. Ce site, classé à la fois Espace Naturel Sensible (ENS) et site Natura 2000, constitue un espace remarquable situé sur les communes de Saint-Laurent-du-Pont et de Saint-Joseph-de-Rivière. Cette mosaïque de milieux est reconnue pour la richesse de ses habitats et des espèces qu’elle accueille.
Une petite dizaine de personnes se sont mobilisées ce matin pour… arracher le Bunias d’Orient ! Aux côtés des gestionnaires de l’ENS de l’Herretang (Département de l’Isère) et du site Natura 2000 (Parc naturel régional de Chartreuse), plusieurs membres de l’association locale “Air et temps”, engagée pour la préservation et la valorisation du patrimoine naturel et historique de Saint-Joseph-de-Rivière, ont pris part à l’opération.
Résultat : plusieurs dizaines de mètres carrés de Bunias ont été arrachés, en prenant soin d’extraire la racine pivot pour limiter sa repousse.
Pourquoi arracher le Bunias ?
Le Bunias est une espèce particulièrement préoccupante car :
La plante produit des milliers de graines viables plusieurs années,
Elle peut se régénérer à partir de fragments de racines,
et elle colonise rapidement les milieux ouverts, au détriment des espèces locales.
Intervenir tôt, avant la mise en graines, permet de limiter sa propagation et de préserver la biodiversité des prairies et des zones humides.
Vous voulez agir ?
Chacun peut contribuer à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes :
en signalant sa présence sur le territoire,
en participant à des chantiers collectifs,
ou en adoptant les bons gestes (arrachage précoce, nettoyage du matériel…).
Action réalisée dans le cadre de l’animation Natura 2000, co-financée par la Région AURA et l’union européenne
C’est reparti pour la deuxième année du suivi des syrphes !
C’est reparti pour la deuxième année du suivi des syrphes !
2026 marque la deuxième année d’une étude triennale menée conjointement par le Parc naturel régional de Chartreuse et la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse. Basée sur la méthode « Syrph The Net », cette étude vise à évaluer l’état de conservation des milieux forestiers et des cours d’eau, afin de formuler des recommandations de gestion adaptées à chaque type d’habitat.
Une nature précieuse à surveiller
Les Hauts de Chartreuse abrite une mosaïque de milieux remarquables, protégés à double titre : le site est classé Réserve naturelle nationale et Natura 2000.
La Réserve naturelle nationale protège l’ensemble des milieux et espèces grâce à une réglementation stricte.
Le réseau Natura 2000, lui, mise sur une gestion concertée avec les acteurs locaux, pour préserver les espèces et habitats d’intérêt communautaire.
En conjuguant leurs efforts, ces deux dispositifs permettent de mieux connaître, suivre et protéger la biodiversité du territoire. C’est précisément l’objectif de cette nouvelle étude menée de 2025 à 2027.
Des syrphes… au service de la science !
Au cœur de ce suivi écologique : des insectes discrets mais bioindicateurs de l’état de santé des écosystèmes. Ce sont les syrphes, une famille de mouches souvent méconnue mais essentielle.
Les syrphes ont une particularité : leurs larves occupent tous les compartiments d’un habitat naturel (racines, bois mort, sol, feuillage…), ce qui en fait de formidables indicateurs de la fonctionnalité d’un milieu.
En parallèle, certains insectes aquatiques (Plécoptères, Éphémères, Trichoptères) seront également étudiés pour évaluer la qualité de l’eau du Guiers Mort, un cours d’eau labellisé « Site Rivières Sauvages ».
La méthode « Syrph The Net » repose sur la comparaison entre les espèces de syrphes « attendues » dans un habitat en bon état, et celles réellement observées. Cela permet de mesurer le degré de naturalité d’un habitat et d’identifier d’éventuels déséquilibres.
Deux types de forêts à la loupe
L’étude concernera deux types de hêtraies-sapinières : 4 tentes Malaise ont été installées, et les relevés sont effectués tous les 15 jours, de mai à septembre.
L’objectif est de comparer l’état de conservation des différents milieux forestiers, de mieux comprendre l’impact des pratiques forestières sur la biodiversité, et de proposer des recommandations de gestion pour préserver ou restaurer la qualité écologique de ces milieux.
En 2025, nous avons retrouvé deux espèces de syrphes très intéressantes : Syrphe bombiforme (Arctophila bombiformis) et la xylote forestière (xylota sylvarum) !
Natura 2000 et Réserve naturelle Nationale: des dispositifs complémentaires
Ce suivi s’inscrit dans une démarche à long terme, commune au Plan de gestion de la Réserve naturelle (action CS1) et au Document d’objectifs (DOCOB) du site Natura 2000 des Hauts de Chartreuse (action E1).
Les résultats viendront alimenter les réflexions des gestionnaires, orienter les actions de préservation des propriétaires forestiers, et renforcer la connaissance scientifique sur les milieux forestiers et aquatiques de Chartreuse.
En travaillant conjointement, les deux dispositifs multiplient les leviers d’action pour protéger la biodiversité, tout en tenant compte des usages locaux.
Rendez-vous en 2027 pour découvrir les résultats de cette étude et mieux comprendre le fonctionnement des forêts de Chartreuse et la qualité de ses eaux !
Action réalisée avec le cofinancement de la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de l’animation Natura 2000 et de l’État dans le cadre de la gestion de la Réserve naturelle nationale
Le Conseil scientifique commun de Chartreuse fait sa rentrée
Le Conseil scientifique commun de Chartreuse fait sa rentrée
Le jeudi 23 avril, le Parc naturel régional de Chartreuse a accueilli à la Maison du Parc, à Saint-Pierre-de-Chartreuse, les membres de son nouveau Conseil scientifique commun au Parc et à la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse.
Cette journée a marqué une étape importante avec l’installation de nouveaux membres du Conseil scientifique, ce dernier rassemblant des experts de différentes disciplines scientifiques au service du territoire.
La matinée a été consacrée à un temps d’échanges entre les membres du Conseil scientifique et l’équipe technique du Parc et de la Réserve. Ces rencontres ont permis de mieux se connaître, de partager les grands enjeux du territoire et d’identifier des perspectives de travail communes autour de thématiques telles que la biodiversité, les paysages, les transitions, les ressources en eau ou encore l’adaptation au changement climatique.
L’après-midi a permis d’officialiser la mise en place du nouveau Conseil scientifique commun. En réaction aux attentes du Parc et de la Réserve, les membres ont pu préciser leurs compétences respectives et poser les bases du fonctionnement du Conseil scientifique et engager les premières réflexions sur les travaux à venir. Sophie Madelrieux, chercheuse à l’INRAE, a été reconduite en tant que Présidente du Conseil scientifique.
Véritable instance d’aide à la décision, le Conseil scientifique commun joue un rôle essentiel pour éclairer les actions du Parc et de la Réserve naturelle, en apportant des connaissances, des analyses et des regards croisés sur les enjeux et les projets du territoire.
Cette nouvelle dynamique collective ouvre ainsi des perspectives prometteuses pour accompagner les projets et les politiques menées en Chartreuse dans les années à venir.
Les insectes pollinisateurs : des alliés indispensables de la biodiversité
Les insectes pollinisateurs : des alliés indispensables de la biodiversité
Souvent discrets et pourtant essentiels, les insectes pollinisateurs jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et pourquoi leur présence est-elle un si bon indicateur de la qualité des écosystèmes ?
Qu’est-ce qu’un insecte pollinisateur ?
Un insecte pollinisateur est un insecte qui transporte du pollen d’une fleur à une autre, permettant ainsi la reproduction des plantes à fleurs.
On distingue principalement quatre grands groupes d’insectes pollinisateurs :
les coléoptères (les insectes à « carapaces » comme les scarabées, coccinelles, longicornes…),
les hyménoptères (les abeilles, guêpes, fourmis),
les diptères (les mouches, dont les syrphes),
les lépidoptères (papillons de jour et de nuit).
Parmi eux, les abeilles sont souvent les plus connues… mais aussi les plus méconnues !
Zoom sur les abeilles sauvages
Contrairement aux idées reçues :
il existe près de 1 000 espèces d’abeilles en France métropolitaine,
une seule produit du miel : l’Abeille domestique (Apis mellifera),
Toutes les autres abeilles sont dites sauvages sauvages, la plupart d’entre elles sont solitaires.
Ces abeilles présentent une incroyable diversité :
tailles, couleurs et formes variées,
langue plus ou moins longue adaptée aux fleurs qu’elles visitent,
modes de vie très différents.
Beaucoup nichent dans le sol, dans des petits terriers qu’elles creusent, certaines espèces tapissant même les parois avec des pétales de fleur. D’autres dans des tiges creuses ou des trous, certaines dans des coquilles vides d’escargots ! Elles y construisent des loges individuelles dans lesquelles les femelles vont déposer, dans chacune d’entre elles, un œuf ainsi que du « pain d’abeille », une substance composée de nectar et de pollen, qui servira de nourriture à la future larve.
On trouve aussi des abeilles « coucous », qui pondent dans le nid d’autres espèces, et n’ont donc pas besoin de récolter de pollen.
Certaines espèces récoltent du pollen (pour confectionner le pain d’abeille) sur une grande diversité de fleurs. Ces espèces sont dites « polylectiques ». D’autres sont spécialisées sur une famille voire une espèce de plante et sont dites « oligolectiques ». C’est par exemple le cas de la Collète du lierre, qui dépend étroitement du Lierre et inversement.
Pourquoi les pollinisateurs sont-ils essentiels ?
Les insectes pollinisateurs assurent la reproduction de près de 80 % des plantes à fleurs. Sans eux :
de nombreuses plantes ne pourraient plus se reproduire,
les chaînes alimentaires seraient profondément perturbées,
une grande partie de notre alimentation serait menacée.
Mais leur rôle va encore plus loin.
De véritables indicateurs de la biodiversité
Les pollinisateurs sont considérés comme d’excellents indicateurs de la qualité des milieux naturels.
Pourquoi ?
Ils dépendent directement de la diversité florale,
Ils sont sensibles aux pesticides et aux perturbations,
Ils ont souvent des besoins très spécifiques (habitats, plantes hôtes…).
Ainsi, un territoire riche en pollinisateurs est généralement un territoire :
diversifié,
équilibré,
en bonne santé écologique.
À l’inverse, leur raréfaction est souvent le signe d’un déséquilibre environnemental.
Les actions du Parc naturel régional de Chartreuse
Le Parc naturel régional de Chartreuse et la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse mènent plusieurs actions pour mieux connaître et préserver ces espèces.
Des suivis scientifiques :
participation au programme Syrph the Net pour étudier les syrphes (mouches pollinisatrices),
inventaires d’abeilles sauvages pour mieux connaître leur diversité,
suivis de papillons remarquables comme le Semi-Apollon ou le Cuivré des marais
inventaires de papillons de nuit, encore largement méconnus.
Ces études permettent de mieux comprendre les évolutions des populations et d’adapter les actions de préservation.
Des actions concrètes pour favoriser les pollinisateurs
Le Parc encourage des pratiques simples et efficaces :
ne pas utiliser de pesticides,
espacer les tontes,
conserver des zones non tondues,
privilégier des fleurs locales et variées,
laisser du bois mort, des tas de branches,
maintenir des zones de sol nu pour la nidification des abeilles.
Attention aux idées reçues !
Certaines actions, souvent perçues comme bénéfiques, ne le sont pas forcément :
❌ Installer des ruches ne protège pas les pollinisateurs sauvages → l’abeille domestique concurrencera les autres espèces d’abeilles
❌ Les hôtels à insectes ne sont pas toujours adaptés → ils favorisent essentiellement des espèces communes, regroupent au même endroit des espèces habituellement solitaires (ce qui peut augmenter le parasitisme), et peuvent même favoriser l’expansion d’abeilles exotiques envahissantes, comme la Mégachile géante (Megachile sculpturalis). Les hôtels à insectes sont plus des outils d’observation que de préservation.
👉 La meilleure solution reste de préserver des habitats naturels diversifiés.
Préserver les pollinisateurs, un enjeu collectif
Chacun peut agir à son échelle : jardin, balcon, espace public… En favorisant des milieux plus naturels et diversifiés, nous contribuons à préserver ces insectes essentiels.
Protéger les pollinisateurs, c’est finalement préserver l’équilibre de la nature… et le nôtre.
Crédit photo : Bastien Moisan
Formation : taille d’arbres fruitiers samedi 14 mars 2026
Formation : taille d’arbres fruitiers samedi 14 mars 2026
COMPLET prochaine date de formation à venir en décembre… Merci !
Apprenez à tailler vos arbres fruitiers : vieux arbres ou jeune scion, comment les entretenir, à quelle période…
Une journée de formation pour apprendre à tailler et entretenir vos arbres fruitiers, qu’il s’agisse de jeunes scions ou de vieux arbres. Conseils pratiques, gestes techniques et périodes d’intervention seront abordés, avec mise en pratique sur le terrain.
Vous souhaitez apprendre à bien tailler vos arbres fruitiers et comprendre leurs besoins au fil des saisons ? Cette formation vous apportera les bases essentielles pour entretenir durablement vos fruitiers, améliorer leur santé et favoriser une belle fructification.
Au programme : comprendre la physiologie de l’arbre, différencier la taille d’un jeune scion de celle d’un arbre adulte, redonner vigueur à un vieux sujet, choisir la bonne période d’intervention et adopter les bons outils et gestes. La journée alternera apports théoriques et exercices pratiques.
Formation proposée par le Parc naturel régional de Chartreuse, animée par Annelore Waty de la Pépinière de l’Arbre Perché
Horaires : 9h30 – 18h Lieu / Secteur : Proveyzieux (le lieu exact sera précisé après inscription) Renseignements : Formation GRATUITE– 15 personnes maximum – Repas du midi tiré du sac.
FORMATION GRATUITE mais INSCRIPTION obligatoire Avant le 3 mars
Livre numérique : « Reliefs et environnements des Hauts de Chartreuse, une indissociable évolution »
Livre numérique : « Reliefs et environnements des Hauts de Chartreuse, une indissociable évolution »
Sur les Hauts de Chartreuse, les paysages, les habitats naturels pour la faune comme pour la flore sont intimement liés à un cadre physique original. Il participe grandement à l’esprit des lieux et à la décision de classer cet espace en Réserve Naturelle.
La vocation des paysages et des reliefs des Hauts de Chartreuse à fasciner ceux qui fréquentent ces lieux ne s’est jamais démentie. D’innombrables questions sont posées aux agents de la réserve naturelle, ramenant souvent à l’identité physique singulière de ce territoire (relief cloisonné et perché, relief karstique, hautes parois calcaires, chemin de l’eau, microreliefs étonnants, glaces souterraines, …). Par ailleurs, les précieux géopatrimoines des Hauts de Chartreuse peuvent subir, de différentes manières, des menaces à leur bonne conservation (vandalisme paléontologique, graffitis, équipements ou aménagements…).
S’agissant de thématiques incontournables pour l’interprétation du site mais relativement complexes, il est apparu utile de concevoir des supports explicatifs. L’objectif didactique est d’insister sur l’importance de préserver tous les éléments constitutifs du « géosystème », l’interdépendance du cadre physique avec le monde vivant, les valeurs intrinsèques des géopatrimoines, leur aspect dynamique comme leur valeur d’archives environnementales. Pour ce faire, il n’était cependant pas question d’installer du mobilier sur site susceptible d’impacter les lieux.
Une série de 23 illustrations inédites, spécifiques au site, a été produite. Ces illustrations sont destinées à être déclinées, à terme, sur différents supports mobiles ou dématérialisés (sets de table, nappes de pique-nique, … ). L’objectif est qu’elles soient appropriées par tout un chacun qui souhaiterait découvrir, animer, expliquer, interpréter in ou ex situ ces riches thématiques (notamment accompagnateurs en montagne, guides spéléo, animateurs de groupes, …). Dans un premier temps, elles ont été regroupées dans un livre numérique proposant un récit explicatif à deux niveaux de lecture, par chapitres thématiques fonctionnant indépendamment. Des liens dans le texte amènent vers un abécédaire illustré traitant le vocabulaire spécifique et quelques notions de géomorphologie.
S’agissant d’un premier effort de vulgarisation, ce livre numérique n’a pas vocation à couvrir l’ensemble des richesses des Hauts de Chartreuse. Il constitue une première étape, un socle destiné à être enrichi au fil du temps pour approfondir la compréhension de ces paysages uniques et partager toujours plus de connaissances sur ce patrimoine remarquable.
Le bouquetin des Alpes en Chartreuse : 15 ans de présence et une population bien installée…Une belle histoire de nature retrouvée
Le bouquetin des Alpes en Chartreuse : 15 ans de présence et une population bien installée…Une belle histoire de nature retrouvée
Lorsque la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse a été créée en 1997, un rêve a ressurgi : revoir le bouquetin des Alpes sur les falaises du massif. Disparu depuis plusieurs siècles, ce symbole de la faune alpine trouvait ici un territoire idéal… mais isolé, sans possibilité de recolonisation naturelle.
Grâce à un important travail d’études, de concertation et de partenariat (notamment avec le Parc national de la Vanoise, l’ONCFS et le Laboratoire vétérinaire de Savoie), le projet de réintroduction a pu voir le jour. En 2010 et 2011, 30 bouquetins ont été relâchés dans la Réserve naturelle, après avoir été soigneusement capturés, examinés et suivis. Les habitants et les écoles du massif ont participé à cette aventure, faisant du retour du bouquetin un moment fort de la vie locale.
Une espèce désormais emblématique du massif
Quinze ans plus tard, le bouquetin fait partie du paysage ! Son observation est devenue courante, et de nombreux randonneurs viennent spécialement en Chartreuse pour espérer croiser cet impressionnant grimpeur des cimes.
Les suivis scientifiques montrent une population bien implantée et en bonne santé, concentrée surtout autour du Granier et du Pinet. Les animaux présentent de bons indicateurs physiques (cornes, vitalité, reproduction), signe d’un environnement favorable et de ressources alimentaires abondantes. En 2025, la population est estimée entre 120 et 170 individus, avec une densité d’environ 5 bouquetins/km².
Une expansion progressive
Les bouquetins commencent désormais à explorer de nouveaux secteurs. Des observations récentes laissent penser que la population s’étend vers l’est et le sud du massif, jusqu’à la Dent de Crolles où une première mise-bas a été constatée en 2025.
Ces déplacements témoignent de la vitalité de la population, mais rappellent aussi la nécessité de préserver la tranquillité de certains sites sensibles, notamment au printemps.
Et demain ?
Dernière population de bouquetins réintroduite dans les Alpes françaises, celle des Hauts de Chartreuse occupe une position clé pour la conservation de l’espèce. Un nouveau suivi scientifique, lancé en 2024, vise à mieux comprendre son évolution, ses zones vitales et sa génétique.
Le bouquetin reste une espèce protégée et sensible, menacée par les maladies et le changement climatique. Sa présence en Chartreuse est un symbole fort : celui d’un territoire capable de restaurer durablement la biodiversité alpine et de faire revivre un patrimoine naturel disparu.
« Le saviez-vous ? » > Le bouquetin des Alpes avait totalement disparu de France au XIXe siècle. > Tous les bouquetins français actuels descendent d’un petit noyau venu du Grand Paradis, en Italie. > En Chartreuse, les mâles adultes peuvent atteindre 1 mètre au garrot et plus d’1 mètre de cornes !
Une classe de terminale CGEA (Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole) de la MFR Mozas a passé la journée dans le Parc naturel régional de Chartreuse avec pour objectif d’étudier les relations entre les activités agricoles et les enjeux environnementaux sur le territoire.
Le matin, les jeunes se sont rendus sur l’exploitation du GAEC La ferme de Miri’Bêle à Miribel-les-Echelles. L’échange a permis d’étudier l’activité d’une exploitation en vaches et brebis laitières avec transformation fromagère dans un cadre où les ressources naturelles sont à préserver. Ils ont pu mettre en évidence que l’élevage n’était pas incompatible avec la préservation du sol, bien au contraire, l’agriculteur est un acteur de l’entretien du paysage. Les pratiques agricoles adaptées permettent de valoriser les ressources tout en générant des revenus.
L’après-midi a été consacré à une présentation plus globale des différents acteurs du Parc naturel régional de Chartreuse, des dispositifs de préservation des patrimoines naturels sur le territoire avec une présentation du réseau Natura 2000, des Mesures agro-environnementales et Climatiques et des Espaces Naturels Sensibles.
Durant ce temps, les rôles des différents acteurs présents, Laurent Fillon, chargé de mission agriculture, Lise Balaguer, chargée de mission Natura 2000 et Rivières Sauvages au Parc naturel régional de Chartreuse et Marie Thiberville, gestionnaire de l’ENS de l’Herretang au Département de l’Isère ont été présenté. Cela a été l’occasion d’aborder les liens constants entre activité agricole, partage du territoire et gestion d’espace naturel. Une présentation du dispositif Natura 2000 sur le site « Marais-Tourbières de l’Herretang » appartenant à ce vaste réseau européen a été faite. La gestion de l’ENS de l’Herretang, les enjeux et une balade autour de la Tuilerie ont permis de mieux cerner les enjeux sur le site. Le rôle et l’importance des zones humides a été partagé à des élèves qui côtoient ces milieux au quotidien mais qui, pour autant, ne connaissent pas forcément les enjeux liés à ces habitats. Les jeunes ont pu se rendre compte de l’importance d’une gestion collective et participative pour l’intérêt et l’activité de chacun.
En partant d’un a priori d’antagonisme entre préservation de l’environnement et production agricole, ils ont progressivement, au fil des échanges, évolué vers une position moins catégorique et reconnu la compatibilité du maintien de la biodiversité avec l’agriculture. Une présentation concrète de la campagne de contractualisation 2024 des MAEC (Mesure agro-environnementale et Climatique), avec la mesure « Préservation des milieux humides » sur le site Natura 2000 de l’Herretang a été accueillie avec curiosité.
A la fin de la journée, les jeunes ont pu s’exprimer sur leurs pratiques actuelles, et ceux avec quoi ils repartent pour l’avenir. « J’ai découvert que la surface des zones humides est en nette diminution » ; « J’ai appris que le Cuivré du Marais avait besoin de Rumex pour vivre » ; « J’ai compris quel était l’objectif d’un site Natura 2000 et d’un ENS. » (citation des élèves, lors d’un débat mouvant).