Sachez admirer les jonquilles sauvages !

Avec le printemps, la nature s’éveille. Le narcisse jaune, appelé communément jonquille, fait partie des premières fleurs des prairies, alpages et sous-bois à profiter du retour du soleil et des températures plus clémentes.

La floraison paraît notamment abondante sur certains sites emblématiques de la Grande Chartreuse, labellisée « Forêt d’Exception® ». Pourtant, la menace pèse sur ces fleurs, lorsque le plaisir des yeux qu’elles procurent en pleine nature laisse place à l’envie de les cueillir.

Si les jonquilles sauvages fleurissent « le plus tôt possible » dans l’année, selon leur milieu, c’est pour mieux profiter de la lumière, avant éclosion des autres fleurs ou feuillaison des arbres qui risquent de lui faire de l’ombre.

Fuyant ainsi habilement la concurrence des autres espèces, ces magnifiques fleurs sauvages, admirées au cours de l’histoire et nourrissant l’un des plus beaux mythes, celui de Narcisse tombant amoureux de son reflet dans l’eau, replongent ensuite, au bout de quelques semaines, dans une longue vie végétative jusqu’à l’année suivante.

Comme dotée d’un « esprit de famille », la jonquille va avoir à cœur, tout au long de sa vie de plusieurs dizaines d’années, si l’on veut bien la laisser faire, de se multiplier par des techniques variées : pollinisation et surtout division des bulbes souterrains. Les parterres de fleurs sauvages ainsi observés sont alors signes du caractère ancien, mature et préservé de leur milieu.

Alors pourquoi cueillir et ainsi affaiblir ces fleurs qui se sont données tant de mal et ont pris tant de temps à nous émerveiller ?

La réglementation iséroise nous invite d’ailleurs à laisser cette espèce tranquille : cueillir plus de 15 brins de jonquilles sauvages est passible de 750 euros d’amende, et la cueillette des parties souterraines de la fleur (bulbe) est tout simplement proscrite.

Les règles limitant ou interdisant la cueillette des fleurs et plantes sauvages s’appliquent aussi à bien d’autres espèces (Génépi, Vulnéraire des Chartreux, Nivéole de printemps, Arnica des montagnes…), qui, chacune, ont leur « carte à jouer » dans l’écosystème et n’ont nulle envie de s’éteindre à jamais ! Pour emporter avec nous un peu du plaisir procuré par la vue de ses coussins de fleurs sauvages, rapportons donc une photo plutôt qu’un spécimen grandeur nature, qui fanera en quelques jours.



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