Manissole : trois merlons de bois, de pierres et de terre pour redonner de l’eau à la tourbière 

Le 23 septembre, élus de Proveysieux, agents de Grenoble-Alpes Métropole et du Parc ont pris pelles et pioches pour un chantier peu ordinaire : aider une tourbière d’altitude à retenir son eau. 

Nichée en forêt au-dessus de Proveysieux, la tourbière de Manissole est l’unique tourbière acide d’altitude du site Natura 2000 « Ubacs du Charmant Som et Gorges du Guiers mort », animé par le Parc. Elle renferme environ six mètres de tourbe accumulés sur plus de 12 000 ans : une archive unique du climat et de la végétation de la Chartreuse. 

Un chantier « low-tech », 100 % manuel et réversible 

D’anciennes pistes forestières détournent la source qui l’alimentait, et la fonte de plus en plus précoce de la neige accentue les sécheresses d’été. En une matinée, six personnes ont construit trois merlons : de petits talus de terre, protégés côté amont par un parement de branches et de pierres, le tout trouvé sur place. Deux mesurent environ 4 mètres de long pour 50 cm de haut, le troisième est plus modeste. Leur rôle : ralentir l’eau qui ruisselle et la renvoyer vers la tourbière au lieu de la laisser filer. 

Principe d’un merlon : branches et pierres côté amont, talus de terre derrière.  © Grenoble-Alpes Métropole 

Aucun engin, aucun matériau extérieur, aucune coupe d’arbre. Ces ouvrages s’inspirent du bois mort qui s’accumule naturellement et des barrages de castor, des techniques de plus en plus utilisées pour restaurer les zones humides. Surtout, ils sont entièrement réversibles : ils peuvent être ajustés ou démontés à la main si besoin. 

 L’équipe du chantier.  © Grenoble-Alpes Métropole  Montage du parement.  © Grenoble-Alpes Métropole 

Rendez-vous aux premières pluies 

Après un été sec, aucun écoulement n’était visible le jour du chantier. C’est avec les pluies d’automne et la fonte des neiges que les merlons entreront en action. Deux piézomètres, qui mesurent le niveau de l’eau dans le sol, et des photos avant/après permettront d’évaluer leur effet. 

 Avant : l’emplacement piqueté.  © [crédit à préciser]  Après : le merlon terminé.  © [crédit à préciser] 

Prochaine étape cet automne : l’arrachage de la saulaie, dans le cadre d’un contrat Natura 2000 financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Un chantier mené par le Parc naturel régional de Chartreuse, Grenoble-Alpes Métropole (service GEMAPI) et la commune de Proveysieux.