Les renouées asiatiques

Aujourd’hui bien connues car présentes sur les bords de route, en bord de cours d’eau, sur les friches, sur tout espace nu et/ou délaissé , les renouées asiatiques auraient été introduites pour la première fois en Europe au Moyen-âge pour leur qualité fourragère. Elles ont ensuite été de nouveau introduite par les horticulteurs au XIXe siècle où elles se sont même vu décerner une médaille d’or pour leurs qualités esthétiques et odorantes. Zoom sur ces plantes que l’on qualifie de plantes invasives ou d’espèces exotiques envahissantes !

Les renouées asiatiques, des plantes invasives

Il existe en réalité 3 renouées asiatiques dont les caractéristiques diffèrent légèrement.

Les renouées fleurissent en panicules blancs ou rosés. Les graines qu’elles produisent ne sont que rarement fertiles mais elles se multiplient principalement grâce à leur rhizome (multiplication végétative ). Il s’agit de tiges souterraines qui peuvent perforer l’asphalte des routes et aller jusqu’à 6 m de profondeur dans le sol …

Un morceau de rhizome et, dans une moindre mesure, un morceau de tige de renouée peuvent conduire à la formation d’une nouvelle plante, ce qui favorise l’installation et la dispersion de cette plante. De plus, la vitesse de croissance (jusqu’à 8 cm par jour) fait qu’elles colonisent rapidement les surfaces où elles s’implantent.

Outre les facteurs naturels comme les crues des cours d’eau qui permettent aux rhizomes ou fragments de tiges de voyager et de s’implanter ailleurs, les activités humaines sont le premier facteur de propagation des renouées asiatiques. Parmi elles, on peut citer les activités agricoles, les activités du BTP, les activités forestières, l’entretien des routes qui favorisent le transport des fragments de renouées dans les roues des engins. Les actions de déblais/remblais ou les actions d’entretien des bords de route ou des milieux naturels non adaptés peuvent créer de nouveaux foyers d’implantation de la renouée (bords de rivière, zones humides, fauche irrégulière, utilisation d’épareuse ou gyrobroyeur…),  .

Les impacts sur la biodiversité et les milieux

En plus de leur croissance rapide favorisant leur installation, les renouées asiatiques produisent des composés chimiques qui modifient la composition du sol et limitent ainsi la régénération de la végétation locale voire la font disparaître sur les secteurs très envahis.

Les invertébrés, amphibiens, reptiles et autres oiseaux dépendent des cortèges floristiques autochtones (zone de refuge, ressources alimentaires…) et sont donc également impactés par les renouées asiatiques. De manière globale, la présence de renouée du Japon entrainent une érosion de la biodiversité locale.

Actions de lutte

Diverses actions sont mises en place et expérimentées par les gestionnaires de milieux naturels pour la gestion des massifs de renouées asiatiques et des déchets  végétaux générés par leur entretien.

Actuellement sans solution efficace d’éradication des massifs de renouées asiatiques, les acteurs du territoire s’attèlent à limiter l’expansion de certains massifs, notamment dans les milieux accueillant du public (ex : Bike Park de la Diat à Saint-Pierre-de-Chartreuse) ou dans les espaces naturels à forts enjeux écologiques (ex : Site ENS de la tourbière de l’Herretang). Contenir l’expansion des massifs de renouées se fait par exemple en effectuant une fauche répétée 5 à 7 fois par an, ou en mettant en place un pâturage des zones contaminées par des espèces rustiques (ex : chèvres des fossés)… En dehors de ces espaces, les massifs importants ne font généralement plus l’objet d’entretien car trop couteux.

Certains gestionnaires tels que les syndicats de rivières s’occupent des nouveaux foyers car les jeunes pousses d’un an ou moins peuvent être entièrement déterrées et être donc éliminées.

Les expérimentations continuent sur les territoires pour trouver des solutions d’éradication efficaces, comme par exemple la remise en eau des zones humides

Quelle que soit l’action mise en œuvre, une attention particulière doit également être portée à la gestion des déchets de coupe des renouées. D’une part, il faut limiter le déplacement de ces déchets ou les transporter dans des sacs hermétiques afin d’éviter de disséminer et contaminer des endroits sains à partir de fragments. Il faut également savoir que les déchets de renouées ne se mettent pas aux déchets verts/compost. Il convient donc de vérifier avec les déchetteries si elles ont un centre agréé pour les recevoir ou si elles les acceptent à l’incinération avec les déchets ménagers.

Que faire si je vois des massifs de renouées asiatiques ?

  • Sur l’espace public, prévenez votre commune et le Parc de Chartreuse (avec une localisation précise, description de la taille du massif et photo)
  • Chez vous : vous pouvez prévenir le Parc de Chartreuse (avec une localisation précise, description de la taille du massif et photo) car cela contribue à l’amélioration des connaissances et intègre les potentiels plans d’actions de lutte.

Ensuite, selon l’ampleur du massif (jeunes pousses ou massif bien installé) interrogez-vous sur le caractère gênant du massif et l’utilité de mettre en place une action. Si le massif ne gêne pas ou ne risque pas d’être disséminé, le mieux est de ne rien faire. S’il est gênant, suivez les conseils afin de ne pas dynamiser la croissance du massif ou contaminer d’autres secteurs par des fragments végétaux.

Retrouvez les bons gestes à faire et ceux à ne pas faire sur la plaquette ci-dessous.

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