Journée mondiale des zones humides
Journée mondiale des zones humides
À cette occasion, zoom sur un joyau de la Chartreuse : les tourbières de l’Herretang.
Véritables réservoirs de biodiversité, ces milieux filtrent l’eau, régulent les crues, stockent le carbone et soutiennent une agriculture étroitement liée au vivant.
Refuge pour les amphibiens, les oiseaux ou les libellules, l’Herretang est aussi un lieu de transmission : formations avec les agriculteurs, découvertes pédagogiques pour les futurs professionnels agricoles…

Au cœur de la Chartreuse, la tourbière de l’Herretang rappelle chaque jour que les zones humides ne sont pas seulement des paysages : ce sont des écosystèmes complexes, qui respirent, filtrent, nourrissent et relient. Dans cette mosaïque de milieux naturels, tout un monde s’active. Les amphibiens y trouvent leurs nurseries, les libellules leurs pistes d’envol, les oiseaux leurs haltes discrètes, les papillons leur lieux de ponte. Chaque espèce y joue sa partition dans une symphonie silencieuse qui façonne le territoire depuis des millénaires.
Mais l’Herretang, comme tant d’autres zones humides, n’est pas qu’un refuge pour la biodiversité. Ces paysages sont aussi des lieux de travail et de transmission. À l’automne, les agriculteurs de la zone Natura 2000 « Marais-tourbières de l’Herretang » et de la plaine du Guiers ont participé à une formation dédiée aux enjeux des zones humides : comprendre leur rôle dans la régulation des crues, le soutien des nappes, la fertilité des prairies, mais aussi dans l’adaptation au changement climatique. Ces échanges renforcent une conviction partagée : préserver une tourbière et des prairies humides, c’est aussi préserver des modes d’agriculture, et des équilibres subtils entre agriculture et biodiversité.
Cette dynamique se poursuit auprès des jeunes générations. Chaque année à l’automne, les élèves de la MFR de Mozas viennent découvrir l’Herretang, explorer ses exploitations agricoles, ses modes de productions et comprendre pourquoi ces milieux humides sont essentiels à l’agriculture de demain. Former les futurs agriculteurs à lire ces écosystèmes, c’est préparer un territoire plus résilient et plus attentif au vivant.

Comme l’écrit Baptiste Morizot dans Manières d’être vivant, il nous faut apprendre à « faire alliance » avec les autres formes de vie. Les zones humides sont précisément ces lieux d’alliance, où l’eau, les plantes, les animaux et les humains cohabitent, négocient, s’ajustent.
Malheureusement, plus de la moitié des zones humides européennes ont disparu au cours du XXᵉ siècle. Alors, en cette journée mondiale, célébrons ces milieux qui nous protègent, nous nourrissent et nous enseignent l’art de la patience. Engageons-nous à les préserver, avant qu’il ne soit trop tard.