La restauration des continuités écologique et sédimentaire du Guiers mort

La partie amont du Guiers mort présente un bon état de conservation et a subi peu de modifications et de perturbations liées aux activités anthropiques. Parmi les pressions existantes sur le milieu, on recense différents ouvrages transversaux qui impactent la continuité piscicole et sédimentaire :  les seuils des Antonins (ou Perquelin) et de la Laiterie (ou de la Fruitière), inscrits au référentiel des obstacles à l’écoulement (ROE 6329 et 6331).

Ces seuils ne disposaient de plus aucun usage, de quelconque nature qu’il soit.

En 2018, la Fédération de pêche de l’Isère a pris la maîtrise d’ouvrage du projet de restauration des continuités. Les partenaires tels que l’Agence de l’Eau, la Région et la Fédération Nationale pour la Pêche en France se sont engagés techniquement et financièrement sur ce projet.

Une première étude a permis d’élaborer différents scénarii et leur chiffrage mais très vite les solutions d’arasement ont été privilégiées. En effet, dans le cas du Guiers, elles étaient les seules à garantir de manière pérenne le franchissement tant à la montaison qu’à la dévalaison ainsi que le transit des sédiments. A noter que l’OFB s’était prononcé en faveur de la solution retenue.

Dans un souci de cohérence scientifique et afin de disposer d’indicateurs factuels, il a été décidé de réaliser un suivi hydromorphologique (levés topographique, suivi RFID des sédiments et suivis photographique de l’évolution du lit du cours d’eau – étude Scimabio) et un suivi piscicole au travers de divers marqueurs (génétique et RFID).

Compte tenu de l’ampleur des travaux, Le choix d’un phasage sur deux années a été privilégié compte tenu de la quantité de matériaux stockés à l’amont des seuils particulièrement pour le seuil de la laiterie dont les dimensions sont conséquentes (une vingtaine de mètres de large et environs 4 mètres de hauteur) afin de ne pas libérer une quantité trop importante de matériaux en une seule fois.

En 2019, la moitié du parement horizontal sur le seuil des Antonins et une première rangée des blocs constituant le seuil de la Laiterie ont été enlevés (entreprise Altitude environnement). En parallèle et en plus des mesures sur les indicateurs listés plus haut, la Fédération a fait réaliser une vue « 3D » du seuil aval, permettant de conserver un témoignage précis de l’ouvrage. En 2020, le chantier a été finalisé : arasements complets des deux seuils en conservant toutefois pour chacun d’entre eux, des piliers latéraux afin de ne pas déstabiliser les berges.

Le seuil des Antonins était franchissable dès l’achèvement des travaux. Cependant, concernant celui de la Laiterie , il ne l’était que partiellement. Cette situation, voulue en début de chantier, n’était  que transitoire. Les premiers épisodes de crues ont permis, en déstockant les sédiments et quelques blocs, de commencer le remodelage, de façon naturelle, du profil du cours d’eau. Cela le rend désormais franchissable et permet d’alimenter en matériaux le Guiers qui présente un net déficit sédimentaire sur l’ensemble de son linéaire aval.

Ce projet a permis de conforter l’obtention du label Site Rivières sauvages attribué à la partie amont du Guiers mort en juillet 2019 sous réserve de la bonne réalisation de ces travaux.

Cette opération a été financée grâce au concours de l’agence de l’eau, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Fédération Nationale de la Pêche en France