Frontière

Châteaux, bornes frontières et postes de douane témoignent, tout au long de l’actuelle limite entre les départements de l’Isère et de la Savoie, des conflits territoriaux entre la Savoie et le Dauphiné, depuis le XIIe siècle jusqu’au XIXe siècle. Après le « transport » du Dauphiné au sein du royaume de France, le 16 juillet 1349, le traité de Paris fixe en l’an 1355 la frontière entre les deux États, sur le cours du Guiers, sans toutefois préciser laquelle des deux branches, Guiers Vif ou Guiers Mort, est concernée. Il faudra attendre 1760 et le traité de Turin pour que cette frontière soit déterminée plus précisément sur le Guiers Vif. À l’image du village de Saint-Pierre d’Entremont, toujours constitué de deux communes séparées par le Guiers Vif, l’une côté Savoie, l’autre côté Isère, les villages situés entre les deux Guiers jouèrent jusqu’à la fin du XVIIIe siècle de ce flou artistique. Le trafic du sel, du tabac et des tissus coloniaux culmineront après l’occupation espagnole de la Savoie (1742-1749), qui avait laissé le pays exsangue. La contrebande, symbolisée par les spectaculaires campagnes de Mandrin (1754-1755), ne cessera définitivement qu’avec le rattachement de la Savoie à la France, en 1860.