Un patrimoine exceptionnel et varié

Le Parc naturel régional de Chartreuse dispose d’une palette de milieux naturels et d’espèces due à un contexte écologique varié et contrasté (ensoleillement, pluviométrie, altimétrie, formes du relief, nature du sol,etc.).
Ces conditions de milieux ont favorisé la formation de nombreux microclimats propices à une grande diversité des habitats naturels : falaises, milieux chauds et secs, grands espaces forestiers, torrents, zones humides et lacs, pelouses subalpines. Chacun de ces milieux renferme ou accueille des espèces spécifiques, parfois même endémiques.

Géologie et habitats naturels

Taillé dans le calcaire urgonien, le massif de Chartreuse dispose d’un sous-sol dont les cavités et galeries forment un ensemble de réseaux qui totalisent à ce jour plus de 300 km. Le réseau de l’Alpe s’inscrit au 2ème rang national et au 23ème rang mondial en linéaire développé. C’est dans l’une de ces cavités qu’a été découvert en 1988 l’un des plus vastes gisements d’ossements d’ours des cavernes en Europe comportant des squelettes presque complets. Un musée a été construit à Entremont-le-Vieux afin de faire découvrir au public et aux scolaires cette richesse paléontologique sans équivalent.

En 2015 des restes de reptiles marins datant de la fin du Crétacé (environ – 80 millions d’années) ont été découverts dans le Parc de Chartreuse par un paléontologue amateur qui a aussitôt alerté les services du Parc. Il s’agit de vertèbres appartenant à un groupe de reptiles marins, les mosasaures. En France, les restes de mosasaures sont relativement peu nombreux. Ils ont été découverts en Région Ile de France, Picardie, Bourgogne, Aquitaine, Charentes et Centre. Dans ce contexte, la découverte de restes de mosasaures en Chartreuse est donc particulièrement importante puisqu’aucun reste de mosasaure n’a jamais été découvert dans le quart sud-est de la France.

 

Les habitats liés à l’eau sont représentés sous toutes leurs formes :

– nombreux réseaux karstiques, exsurgences et torrents de montagne,
– les rivières de vallée propices au castor et à la loutre,
– les tourbières d’altitude (tourbières de Bovinant à 1 300 m) ou de plaine (marais – tourbière de
l’Herretang),
– le réseau de zones humides,
– le lac d’Aiguebelette.

Les falaises hébergent une faune remarquable, en particulier les rapaces rupicoles. Faucons pèlerins, aigles royaux et hiboux grand-duc ont des effectifs en progression depuis ces dernières années.

Culminant à 2 082 m, le massif de Chartreuse dispose de pelouses d’altitude résultant de la conquête de la forêt par le défrichement et le pâturage. Sur ces pelouses, on citera la présence d’espèces rares, voire emblématiques comme le Thé des Alpes ou la Vulnéraire des Chartreux.

Flore de Chartreuse

Malgré sa relative petitesse (69 000 ha), ce territoire préalpin renferme ainsi de très nombreuses associations végétales qui, du Pistachier térébinthe méditerranéen au Chardon bleu ou à l’Edelweiss symboles de la flore alpine, à travers 56 espèces d’orchidées et des associations spécifiques telles celle du Millepertuis nummulaire (Vulnéraire) et la Potentielle luisante dans les parois calcaires, offrent une palette floristique particulièrement riche.

Faune de Chartreuse

Pour autant, les caractères géographiques, biologiques et climatiques ne suffisent pas en eux-mêmes à expliquer la très forte valeur du patrimoine naturel du Parc. Les belles forêts mixtes de hêtre et de résineux majestueux abritant de riches populations d’ongulés (cerfs, chamois, chevreuil et mouflons), les prairies montagnardes qu’égayent les bleus des géraniums sauvages et les blancs des ombellifères, les alpages perchés et leurs guirlandes de pins à crochets sont aussi l’empreinte du travail des hommes.