Crapaud commun

Bufo bufo

Vers le milieu du mois de mars, une agitation inhabituelle règne près des berges du lac de Saint-Sixte. Entre les touffes de carex, la surface de l’eau est ridée par les mouvements de centaines de crapauds. La plupart sont accouplés et l’on peut déjà observer leur pontes, de longs filaments translucides contenant de minuscules œufs noirs.

distribution

L’aire de présence du crapaud commun s’étend sur la majeure partie de l’Europe et une partie de l’Asie, jusqu’au Japon. Également présent en Afrique du Nord, il est absent de Corse, Sardaigne et d’Irlande.

ecologie

Comme la majeure partie des amphibiens de Chartreuse, le crapaud commun vit la plus grande partie de l’année en forêt. Entre la fin du mois de février et le mois de mars, après avoir passé l’hiver en léthargie dans le sol, il regagne le lac, la mare, ou l’étang où il est né, parfois situé à plusieurs kilomètres. Une fois la reproduction achevée il regagne rapidement le couvert forestier. Dans le Parc, le crapaud commun est assez localisé et semble absent de la Haute-Chartreuse. Les plus gros sites de reproduction de l’espèce se situent aux tourbières de l’Herretang, au lac de Saint-Sixte et dans les lacs des Abymes de Myans.

conservation

Bien qu’encore assez répandue, l’espèce a subi un déclin généralisé, conséquence de multiples facteurs : urbanisation, morcellement des habitats forestiers, destruction des zones humides, pesticides… Aujourd’hui considéré comme un site de reproduction mineur, l’étang de Saint-Etienne-de-Crossey comptait pourtant jusque dans les années 1960 une population estimée à plusieurs milliers d’individus.
Comme chez d’autres amphibiens, la circulation routière lors des migrations cause une forte mortalité : après plusieurs années de suivi, des passages à faune souterrains ont été aménagés près des tourbières de l’Herretang (Conseil Départemental de l’Isère), seule solution permettant le maintien à long terme de cette population ainsi que des autres espèces d’amphibiens du site.